Région/Promotion immobilière - Net redémarrage des réservations de logements neufs
730 logements neufs ont été réservés dans l’aire urbaine de Montpellier au cours du premier trimestre, « soit le résultat le plus élevé que j’aie jamais observé en 20 ans dans la profession », a déclaré jeudi Philippe Gadelle, président de la Fédération des Promoteurs Constructeurs du L.-R., lors d’une conférence de presse.Au 1er trimestre 2008, le même marché n’avait enregistré que 480 ventes. Les clients reviennent donc dans les bulles de vente : « Et, bonne nouvelle, les taux de désistement oscillent aujourd’hui entre 20 % et 25 %, contre 40 à 50 % pour certains promoteurs lors du dernier trimestre 2008. »Selon Philippe Gadelle, la nouvelle loi Scellier, destinée à doper l’investissement locatif, explique ce renouveau, après un exercice 2008 difficile, ponctué en région par une baisse des ventes de 31,4 % (6 316 logements vendus contre 9 211 en 2007). « Dans l’aire urbaine de Montpellier, qui représente en L.-R. un tiers de nos ventes, la loi Scellier pèse 75 % des réservations sur le marché libre et 66 % sur l’ensemble des ventes ». Mais d’autres facteurs expliquent ce retour de la clientèle, selon Philippe Gadelle : desserrement des conditions d’octroi des prêts, baisse des taux d’intérêt (« en négociant bien, on peut descendre aujourd’hui à 4 % »), doublement du prêt à taux zéro, extension du Pass’Foncier aux logements collectifs, enveloppe des PLS (prêts locatifs sociaux) affectés à la promotion immobilière… et baisse des prix. « Le prix moyen au m2 sur le marché libre est passé à 3 160 €, contre 3 350 € il y a un an. Une partie de la clientèle est ainsi resolvabilisée. Le prix du foncier a baissé d’environ 20 %, les entreprises du bâtiment ont aiguisé leurs prix et les collectivités ont compris qu’on ne pouvait pas mettre des panneaux solaires partout. Cela coûte très cher et les possibilités offertes par la toiture d’un immeuble de logements collectifs sont limitées. Les panneaux photovoltaïques sont plus adaptées aux toits-terrasses d’entrepôts, d’usines ou d’hypermarchés. » Appel à la prudence L’embellie reste cependant fragile : « Les promoteurs ont besoin de l’accession à la propriété, et pour cela, que le marché de l’ancien reparte. Si vous voulez revenir en centre-ville et acheter dans le neuf, il vous faut vendre votre maison située en périphérie. Or, aujourd’hui, ce marché de l’ancien est complètement bloqué. Et je sens une grande incertitude sur la reprise sociale de septembre, qui risque d’être chaude. D’ici là, on engrange tout ce qu’il y a à prendre… »?Philippe Gadelle appelle donc à la prudence : « A part Alès, toutes les villes importantes du L.-R. devraient être concernées par le Scellier. Or, on peut se poser des questions sur l’existence d’un marché locatif à Béziers et Carcassonne. Avant de lancer des opérations, j’incite les promoteurs à lancer des études de marché. C’est bien, le Scellier nous dope, mais je demande la prudence à mes adhérents. Je leur dis : ‘Ne repartez pas comme en 40, à reprendre des fonciers à des prix chers, allez-y prudemment’. L’investissement locatif est le premier investissement touché quand ça va mal, regardez ce qui s’est passé en 2008. Plus l’investissement est important, plus les gens jugent l’environnement économique avant d’investir. La loi Scellier crée un effet d’aubaine, mais ça ne pourra pas durer si l’environnement ne s’améliore pas. »?Dans le périmètre de Nîmes Métropole, 160 logements ont été réservés au cours du 1er trimestre, contre 80 à 90 logements aux 2ème et 3ème trimestres 2008. Les prix se stabilisent à 2 740 €/m2. A Béziers, le nombre de ventes remonte également au 1er trimestre 2009 : 120, contre 71 au 4ème trimestre 2008. Prix moyen de vente : 2 960 €/m2. Sète enregistre 106 ventes en ce début d’année, soit presque autant qu’à la même période en 2008. Mais le prix reste élevé : 3 340 €/m2. ??H.V.










