Région/Environnement - 200 000 t de compost à épandre en 2010 en L.-R.
Quels sont les principaux gisements et débouchés pour le compost produit en région ? La région et l’Ademe ont rendu public ce matin, à l’occasion de la journée régionale d’information sur les composts, un état des lieux détaillé de la filière. Des questions essentielles alors que le volume de compost va quasiment doubler en quatre ans. « En 2010, les différentes plateformes régionales produiront 200 000 t de compost contre 110 000 en 2006, a souligné Yves Pietrasanta, vice-président du conseil régional en charge des questions d’environnement. Le cap est franchi chez les agriculteurs, mais il faut améliorer la qualité des composts fournis. Il y a une véritable réflexion à mener autour de ces questions, il faut aussi travailler l’image de marque du compost. Il ne faut pas oublier que la matière organique, c’est plus de 50 % des ordures ménagères, et que le citoyen garantit par le tri la qualité finale du compost » Les principaux débouchés en L.-R. sont la viticulture et les grandes cultures qui représentent 46 % de la surface agricole utile régionale. Des acteurs mal associés et dont les besoins sont mal connus. Mais aussi des composts de boues et d’ordures ménagères, devenant prédominant, et dont l’épandage aujourd’hui est le plus délicat. « Les marchés potentiels pour les composts de déchets existent, mais ils nécessitent de fournir aux utilisateurs toutes garanties tant sur le plan agronomique, environnemental, réglementaire qu’en terme d’image », insiste l’évaluation en préambule.Une normalisation plus strictePar la voix de Guy Giva, président de la chambre régionale d’agriculture, représenté, les agriculteurs ont appelé à une normalisation plus stricte, pour des composts de meilleure qualité. « Nous ne souhaitons pas être des pollueurs indirects, a-t-il souligné dans son discours. Les normes actuelles, récentes, ne sont pas encore suffisamment strictes. Les composts comportent encore 2 % de matières inertes. Il est nécessaire d’imposer traçabilité et transparence. La filière doit aussi se doter d’un organisme indépendant de contrôle pour garantir la qualité de nos sols auprès des consommateurs ». Pierre Vignaud, de l’Ademe, qui a dirigé cette évaluation, a insisté sur la volonté de l’Europe d’aller dans ce sens : « Nous sommes en plein dans une période de normalisation des composts. La commission européenne envisage d’instaurer des normes bien plus exigeantes que celles actuellement en vigueur en France. »C. D.










