Région/Economie – Les recettes de Nicolas Bouzou pour booster l’économie du L.-R.
« La situation économique de la région n’est pas bonne », résume l’expert. « Le L.-R. détient le PIB le plus faible de France et le taux de chômage le plus élevé. Pourtant, il me semble qu’en matière d’attractivité, ce ne devrait pas être la région la plus difficile à traiter ». Selon Nicolas Bouzou, la productivité et le taux de chômage sont les deux problèmes du L.-R. « Toutes les études économiques montrent que ce sont les grandes PME qui ont le plus de productivité et qui embauchent le plus. Or ce ne sont pas les petites PME (majoritaires en région, ndlr) qui vont absorber les 15 % de chômeurs de la région ».
Un seul secteur « star »
En Languedoc-Roussillon, le seul secteur qui affiche des résultats positifs, autant en matière de solde commercial que d’exportation, est celui de l’agroalimentaire. Même si la question alimentaire est pour l’expert « l’enjeu mondial de demain, ce n’est pas suffisant. Le développement d’un territoire ne doit pas se faire sur un seul secteur. Il manque un phénomène de diversification. »
Favoriser l’investissement
Nicolas Bouzou propose dès lors une série de mesures. La première, prioritaire, porte sur le niveau de l’investissement dans la région. Au premier trimestre 2009, 23 M€ étaient investis en capital investissements contre 121 M€ en Paca. « le L.-R. est l’une des régions les moins dotées en fonds d’investissement. Il est important de mettre en place une stratégie d’attractivité de ces fonds. Il faut les draguer pour qu’ils viennent dans la région. Techniquement, ce n’est pas très compliqué à faire. » Pour Nicolas Bouzou, ce développement de l’investissement ne passe pas par une augmentation de la capacité du capital-risqueur régional Soridec : « Il vaut mieux un marché concurrentiel. Il ne faut pas tout miser sur un seul opérateur. Il faut, par exemple, utiliser les fonds européens comme Jérémie. »
Accompagner les chefs d’entreprise
Nicolas Bouzou constate que les entreprises ont du mal à ouvrir leur capital. « Il y a là un défaut d’information des chefs d’entreprise. Il faut les former. La Région a un rôle à jouer en mettant des incitations financières via des subventions formation pour que les entreprises aient accès à des coachs et apprennent à passer des seuils de développement ».
Un « réseau Meetic » pour la recherche publique et les entreprises
« La part de recherche publique en Languedoc-Roussillon est la plus élevée de France, la part de recherche privée la plus faible. C’est dommage. Il y a un terreau en matière d’innovation mais qui ne se transforme pas au niveau des entreprises ». Pour Nicolas Bouzou, le crédit impôt-recherche est sous-exploité et il faut le faire connaître. « Il faut mettre en relation les entreprises avec la recherche publique via une plate-forme internet régionale. Ce n’est pas extrêmement cher à faire ».
Une hot-line pour les entreprises non-régionales et étrangères
Pour faire venir des entreprises extra-régionales, Nicolas Bouzou évoque la possibilité de leur proposer une série de services : avocat, aide au recrutement, aides à l’installation des salariés et de leur famille, etc. « On fait venir des entreprises mais on oublie de les garder », alerte-t-il. « Une fois qu’elles sont installées, il faut organiser des entretiens réguliers et mettre en place une hot-line à leur attention. »
Des effets dans deux à trois ans
Selon l’expert, la mise en place de ces préconisations, dont l’amélioration des financements, devraient porter ses fruits dans les deux à trois ans à venir. « Faire venir des entreprises étrangères prendra par contre plus de temps ». Nicolas Bouzou rappelle que la développement économique, « c’est la Région », or il se dit terrifié par « la nullité du débat des élections régionales en France ». L’ensemble des candidats aux élections régionales ont d’ailleurs reçu une copie de ce rapport.










