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| | 29/04/2009

Région/Débat – Pro’pulse : les décideurs économiques face à la crise

« Tout n’est pas encore rétabli, mais ça va beaucoup mieux », a assuré le président de la chambre régionale de commerce et d’industrie, Serge Clausse, en ouverture des 2es rencontres économiques régionales organisées par la CRCI, mardi 28 avril, à l’Espace Richter de Montpellier. Devant un parterre de responsables du monde économique régional, deux tables-rondes se sont succédées, pour donner la parole aux représentants patronaux, et aux institutions chargées de leur apporter des réponses à la crise.« La situation est moins sombre qu’au niveau national », a confirmé Michèle Tisseyre, ancienne présidente des DCF L.-R. Selon elle, le commerce n’est pas touché, les services « sont en attente ». En revanche, « la baisse est marquée dans le BTP, et l’intérime prend la crise de plein fouet ». Jean-Claude Depoisier, le président de la FFB L.-R., apporte des précisions par vidéo interposée : « En Languedoc-Roussillon, le bâtiment bénéficie d’un carnet de commandes confortable, mais aujourd’hui, on a consommé l’acquis ». Autre témoignage sur l’écran : celui de Baya Machane, gérante de TTPM (TP) : « Depuis le mois de septembre, nous n’avons pas de travail ». Ce qu’elle attend : « le tramway, le doublement de l’A9 et le chantier du TGV ».« Problème conjoncturel »Pour le président du Medef Hérault, Rudy Iovino, « la crise ne va pas arranger les problèmes récurrents de nos entreprises, notamment celui de trouver un financement pour démarrer une activité. Les banquiers ne sont pas forcément de mauvaise volonté, mais les critères prudentiels augmentent et sont chaque jour de plus en plus stricts ». Il dit par ailleurs avoir reçu de nombreux témoignages d’entreprises « qui ne sont plus couvertes par l’assurance crédit ». Selon Joseph Francis, le président du Mouvement patronal pour le renouveau (MPR), la crise est « un problème conjoncturel vient mettre en exergue un problème structurel : la sous-capitalisation de nos entreprises. Certains secteurs vont disparaître ? il fatu l’admettre. Et travailler sur la formation pour que les salariés n’aillent pas séquestrer les patrons ». Il demande également aux pouvoirs publics d’assortir les aides accordées aux entreprises de conditions plus strictes. Le président régional de la CGPME, Jean-Louis Bouscaren, appelle les entreprises à investir et à ne pas se replier sur elles-mêmes en attendant la sortie de la crise. Quant au médiateur du crédit, il regrette qu’il n’ait pas plus de pouvoir. « Il n’a ni carotte ni bâton pour faire avancer un dossier ».« Seuls 20 artisans sur 55 000 ont fait appel au médiateur », se félicite Jacques Rigaill, président de la commission économique de la Chambre de métiers et de l’artisanat des P.-O. Il estime que les artisans régionaux « n’ont pas été trop touchés jusqu’à présent ». José Tebar, président de l’UPA L.-R., constate néanmoins un nombre croissant de dépôts de bilans. « Le premier problème, c’est la trésorerie. Les artisans manquent de soutien de la part de leurs banquiers, et des assureurs par rapport aux comptes fournisseurs ». Quant au statut de l’auto-entrepreneur, il le voue aux gémonies : « Il y a 6 000 auto-entrepreneurs dans la région, dont 3 000 dans l’Hérault, et 300 dans le bâtiment. Ils ne sont pas soumis aux mêmes règles ni aux mêmes charges : c’est une concurrence déloyale ».Dispositifs anti-criseQuestionné sur l’action du médiateur du crédit dans la région, le directeur régional de la Banque de France, Bernard Ramette, a estimé qu’elle constituait « un franc succès ». « L’intérêt du banquier, c’est d’octroyer du crédit, a-t-il rappellé. S’il n’en fait pas, une des ses sources majeures disparaît ». La directrice régionale des finances publiques, Nadine Chauvière, a décrit le « système d’alerte » mis en place pour « détecter le plus tôt possible les entreprises ayant des difficultés ». Le directeur régional de la Drire, Alain Salessy, a préféré évoquer la sortie de crise et les « opportunités » futures, notamment celles du Grenelle de l’envieonnement. Directeur régional de la Caisse des dépôts, Hervé Tonnaire a mis en avant les « 55 M€ de fonds mis à disposition des enteprises du L.-R., en capital », par la « banque du développement territorial, des entreprises et des collectivités ». Quant à la directrice régionale d’Oseo, Françoise Guetron-Gouazé, elle a insisté sur le fait qu’Oseo avait été « renforcé dans ses missions. Avec la Région, nous couvrons les risques des banquiers jusqu’à 90 %. Je suis très étonnée d’entendre que les banquiers coupent les crédits ». 170 dossiers ont été traités par Oseo depuis le mois d’octobre.H.F.

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