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| | 25/10/2005

Région > La peur de la grippe aviaire fait déjà chuter de 10 % les ventes de volailles

Encore absente du territoire français, la grippe aviaire inquiète les consommateurs. Une peur qui se traduit déjà sur les ventes.Les producteurs s’alarment.Chantal Marquier, propriétaire de Sympa Poulet, unique abattoir couplé à un élevage dans l’Aude, à Saint-Papoul (7 salariés, CA 2004 : 816 K?€), s’alarme : « On observe une chute des ventes de 10 %. Que ferons-nous si les collectivités clientes de nos grossistes décident de changer leurs menus de fêtes ? Les dindes et les chapons sont mis en élevage depuis juillet. » Jean-Marc Bouvier est le directeur productions animales d’Audecoop à Bram : « Nous n’avons pas encore enregistré de baisse de sortie de nos élevages, mais elle ne saurait tarder. Notre abattoir de Revel (31) enregistre déjà une baisse d’activité de 10 à 20 %. » Dans le Gard aussi, les volaillers voient leurs ventes baisser à vue d’œil : « Moins 10 % depuis deux semaines » pour Bonny. Le site de découpes et conditionnement de volailles du groupe Unicopa emploie 70 personnes à Saint-Jean-du-Pin, près d’Alès. Même constat pour le Bourguignon Duc, qui exploite un abattoir à Saint-Bauzély. « On est obligés de congeler les produits », déplore Yves Stunic, le directeur du marketing.

Une psychose « entretenue par les médias ».

« Alors qu’il n’y a aucun cas de grippe aviaire en France, et que nos poulets font l’objet de mesures draconiennes, nous sommes victimes d’une psychose de la part des consommateurs, entretenue par les médias », juge Yves Stunic. Georges Boixo, directeur de S2A (abattage avicole, filiale de GCO), se dit « très attentif à l’évolution de la situation » mais ne veut pas « contribuer à la baisse de la demande en alimentant les propos déjà tenus dans les médias nationaux »… La peur est réelle : selon une étude réalisée fin septembre par l’Institut scientifique d’hygiène alimentaire à la demande de Duc, 16 % des consommatrices considèrent qu’il y a un risque à consommer de la volaille et 11 % ont modifié leurs habitudes de consommation. Or, début 2004, Duc avait déjà souffert d’une alerte à la grippe aviaire. « Nos ventes avaient alors baissé de 10 à 15 %, et ce pendant deux mois. »

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