Réforme territoriale : union sacrée des élus régionaux pour le maintien du L.-R.
« Le président de la République et le gouvernement ont annoncé vouloir réformer l’organisation territoriale de la France. Nous sommes favorables à une clarification et à une évolution des missions confiées aux collectivités locales, pour une meilleure proximité et une plus grande efficacité, explique cette lettre. Mais la réforme ne doit pas se résumer à des calculs arithmétiques et faire l’économie d’un débat de fond. Sans véritable réflexion sur les compétences et les moyens des collectivités, quelle réponse sera apportée à vos attentes et à votre quotidien ? Le Langudoc-Roussillon, dans son intégralité, a toute sa place sur la future carte de France. Il s’est hissé parmi les territoires les plus dynamiques du pays (...) Aujourd’hui, le Languedoc-Roussillon est le territoire le plus attractif de France, il serait insensé de le faire disparaître ! Toujours plus d’habitants, une forte capacité à innover, sa marque Sud de France qui inspire à l’échelle nationale comme internationale (...). La réforme propose de fusionner ou d’éclater certaines Régions. Pour nous, pour le L.-R., c’est non ! »
Soumise au vote des élus, la motion a été adoptée à la quasi unanimité (63 pour, 3 abstentions : Delacroix, Castex et Pujol). « Je tiens à remercier l’ensemble des groupes de cette assemblée, a ajouté Christian Bourquin. Il y aura d’autres motions et rapports, dont une session extraordinaire portant sur ce sujet, fin juin ou début juillet. Sur le fait qu’on ne touche pas aux limites du L.-R., il y a un accord total de tout le monde. Je m’en félicite. C’est une base de travail nécessaire pour tous. La population est associée à cette démarche. Je l’ai toujours fait, c’est ma griffe, mon état d’esprit. »
Stéphan Rossignol (UMP)
« Oui à une réforme territoriale, à la simplification, au renforcement du rôle des Régions. Aujourd’hui, malgré les difficultés économiques (plus fort taux de chômage et plus bas PIB par habitant), la région compte au niveau national. Elle a vocation à rester dans ses limites territoriales. Pourquoi ne pas y intégrer l’Aveyon ou le Vaucluse, demain ? Avant de parler de regroupement de régions, il faudrait savoir le contenu de cette réforme. A un an des élections régionales, on nous parle de report (fin 2015, voire 2016). Cette usine à gaz n’a aucun sens. Le gouvernement a passé des mois et des mois avec les conseils généraux pour les réformes départementales, et la création de super cantons. Et aujourd’hui, on annonce la suppression des Départements, alors que cette réforme a dû coûter très cher au gouvernement ! »
Henry Garino (PC)
« Il y a un besoin de clarification des compétences. Mais en quoi réduction des élus est-elle un progrès démocratique, alors que 80 % d’entre eux sont des bénévoles ? »
France Jamet (FN)
« Le vote de la motion n’est pas un blanc-seing à la gestion de la Région, mais un vote en solidarité à la population du L.-R. Ce projet de regroupement des régions, on nous l’impose. Il y a une forme de fascination infantile de François Hollande pour le modèle allemand. Il est dommage que les Départements ne soient pas associés à cette motion. Cette ‘Landernisation’ (Landër, Régions allemandes, NDLR) des conseils régionaux, ce charcutage territorial, répondent à une recommandation faite par le Conseil de l’Union Européenne, et sous prétexte d’austérité budgétaire. Cette ingérence est inacceptable dans notre souveraineté nationale. Les économies générées par cette réforme ? Cela concerne quelques dizaines d’élus tout au plus. La simplification ? Elle marque un éloignement des concitoyens des décisions et des décideurs. »










