Réforme territoriale : Saurel (Montpellier) et Moudenc (Toulouse) main dans la main

Batterie de drapeaux soigneusement choisis (Occitanie, Région L.-R., villes respectives, Europe, France), lieu hautement symbolique (ancienne salle des mariages de l’Hôtel de Ville de Montpellier) : ce vendredi devant la presse, Jean-Luc Moudenc, maire UMP de Toulouse et Philippe Saurel, maire DVG de Montpellier, ont déclaré vouloir travailler de concert dans le cadre de la future grande région. « Nous avons beaucoup à faire ensemble », dans les domaines du numérique, de la mobilité, du tourisme, de l’agriculture, de la santé, de l’université (170 000 étudiants cumulés dans les deux villes), ont-il tous deux observé. Comme ils l’avaient déjà fait, il y a quatre mois, à Toulouse cette fois-ci.
« Nos deux grandes cités sont positionnées comme des pôles incontournables pour la vie politique, économique et sociale de la future grande région, a insisté Philippe Saurel. Il faut en parler ensemble, en dehors de tout clivage politique. Nous ne sommes pas dans le même courant, mais nous avons le même sens de l’intérêt général, au-delà des chapelles, pour mener une politique de projets. »
Deux métropoles
« La réforme territoriale est là, a enchaîné Jean-Luc Moudenc. On est pour, on est contre. En débattre n’est plus d’actualité. Les choses sont faites, et sont en train d’être finalisées sur le plan de la procédure réglementaire. On souhaite tirer le meilleur possible pour nos territoires respectifs, pour nos deux agglomérations qui, le même jour, d’ici quelques semaines à peine, deviendront métropoles. »
« Cette nouvelle région serait porteuse de risques, d’affrontements, de problèmes, a-t-il poursuivi. Comme si nos concitoyens n’avaient pas assez de problèmes ! On va essayer de construire quelque chose ensemble à partir d’un fait politique. Nous sommes les premiers en France à prendre cette initiative, sans attendre que la loi soit là. Avant d’ouvrir les dossiers, nous voulons affirmer un état d’esprit, poser un principe qui est celui de la coopération respectueuse entre un homme de gauche et un homme de centre droit. Nous ne voulons pas imposer nos propres pensées à tout bout de champ. »
La capitale pas capitale
Les deux élus le promettent : il n’y aura pas de guerre pour le statut de capitale. « La loi dit très peu de chose là dessus, a glissé Jean-Luc Moudenc. Nous ne déciderons pas. Je propose qu’on dépasse cela. Il y aura une capitale. Ça ne veut pas dire qu’elle captera tout ! Nous entendons que les deux métropoles travaillent ensemble sur un pied d’égalité, quelle que soit la capitale. Le plus important, c’est ce que nous pouvons travailler ensemble, et de définir sur quels projets coopérer. Si la détermination de la capitale est le coup de sifflet de la guerre, ça ne nous intéresse pas. Quelle que soit la ville capitale, il faudra après construire un équilibre. Soit il sera construit de façon contrainte, en exagérant des postures, en ravivant des antagonismes ; soit on se prend en main, on va sur le fond des choses, et non pas sur la symbolique d’une décision qui, de toutes les façons, nous échappera. »
« Il faut deux grandes métropoles sur une grande région, a renchéri Philippe Saurel. Je ne peux pas considérer une métropole et le désert autour. Une seule capitale ne peut pas gérer l’ensemble d’un territoire, sans avoir un pôle d’équilibre. D’où la construction du pôle métropolitain, non pas pour rivaliser avec Toulouse, mais pour équilibrer le territoire en créant un point fort à l’est de la grande région. »
Les métropoles s’invitent aux futures élections régionales
Interrogé sur les prochaines élections régionales, Jean-Luc Mondenc a déclaré : « Il serait illusoire, et je pèse mes mots, de penser que la Région puisse dominer politiquement la situation parce que, aujourd’hui, médiatiquement, les Régions sont un peu les vedettes de la réforme territoriale. La future Région ne se construira avec force que si elle s’appuie sur les deux métropoles, autant l’une que l’autre. C’est le message que j’ai fait passer la semaine dernière à mes amis de la droite et du centre. Je ne veux pas d’une construction à part lors des prochaines régionales. En 2015 , la métropole et la nouvelle région seront mises en place. Si on peut instaurer un climat de travail entre les métropoles et la nouvelle Régions, alors nous aurons des clés pour bâtir l’avenir de notre pays. Les Régions et les métropoles sont les collectivités moteurs des projets de demain et de l’avenir de notre pays. »
Philippe Saurel a fait remarquer que des coopérations existent déjà entre les territoires, dans le domaine de la recherche contre le cancer ou de la logistique agroalimentaire (marchés d’intérêt national de Montpellier et de Toulouse).
Photo HV : Jean-Luc Moudenc, maire UMP de Toulouse, et Philippe Saurel, maire DVG de Montpellier.










