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Languedoc-Roussillon
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Institutions
| 9/04/2014

Réforme des collectivités : le séisme Valls ébranle le L.-R.

Disparition des conseils généraux en 2021, deux fois moins de régions d’ici à 2017, fin de la clause de compétence générale… Les mesures chocs annoncées, hier, par le nouveau Premier ministre Manuel Valls, lors de son discours de politique général, font réagir les grands élus du Languedoc-Roussillon.
André Vezinhet : « mépris des territoires »
Le président du conseil général de l’Hérault exprime, dans un courrier adressé aux élus de son département, sa « profonde incompréhension » après l’annonce de la disparition annoncée des Départements. Dénonçant un « manque de concertation » et une « incohérence », après le redécoupage des cantons, il dénonce « un véritable mépris des territoires, des communes et des citoyens », et voit se profiler « une véritable France à deux vitesses (…), ravivant le déséquilibre et l'iniquité entre le rural et l'urbain ». Il « redoute grandement un effondrement des activités, des travaux publics, du bâtiment et de l'économie des territoires » et rappelle le poids économique du Département. Pour le président du conseil général, « le département est l'assurance d'une représentation équilibrée de nos territoires, de proximité entre le citoyen et le service public dans les espaces ruraux et péri-urbains, d'autant plus indispensables si les régions sont appelées à se regrouper ! » Il en appelle, dans la foulée, à une mobilisation des parlementaires et maires de l’Hérault en faveur de sa collectivité.
Christian Bourquin : « redéfinir les compétences et les moyens de chacun »
Pour le président du conseil régional, la question du redécoupage des régions « est fondamentale et elle mérite d’être travaillée beaucoup plus sérieusement, pas depuis une tribune ». Il appelle le Premier ministre « à associer les principaux intéressés, à savoir les représentants des collectivités concernées, car il serait irresponsable de porter une estocade à des entités qui remplissent au quotidien des missions de service public et qui répondent donc aux attentes des Français en matière de proximité. » « Ce qui doit être redéfini avant tout, estime l’élu, ce sont les compétences et les moyens de chacun. Si je suis favorable à l’abandon de la clause de compétence générale, elle ne peut être décidée que dans le cadre d’une réflexion beaucoup plus vaste et qui (…) associe les responsables des collectivités. Sans un travail approfondi, on ne peut envisager d’éventuels redécoupages de Régions et ce genre de velléités fera pschitt en Languedoc-Roussillon. »
Philippe Saurel : « Avoir confiance »
Le maire de Montpellier, partisan de Manuel Valls, salue le message de « confiance » délivré selon lui par le Premier ministre. Il salue notamment « l'homme des réformes, attendues depuis longtemps par les citoyens. Avec lui, la réforme territoriale prend forme, et grâce à un débat et des objectifs: réduire le nombre des régions d'ici 2017 pour une meilleure gouvernance ». « Je ne peux qu'adhérer à la dynamique de mon ami Manuel Valls. Elle valorise les engagements citoyens qui sont les nôtres, elle inscrit Montpellier dans une nouvelle ambition nationale »
Franck Proust : oui à la suppression des départements
L’eurodéputé UMP Franck Proust ne trouve pas grand chose à sauver dans le discours du socialiste Manuel Valls, si ce n’est la réforme des collectivités. « Une seule annonce positive, vous remettez au goût du jour la suppression des conseils généraux, alors que vous critiquiez la réforme des conseillers territoriaux de Nicolas Sarkozy… » « François Hollande a trompé les Français, ajoute l’élu UMP. On a changé le pilote, fait la vidange de la voiture, mais on a gardé les mêmes coordonnées GPS. Les mêmes causes produiront les mêmes effets. J’ai bien peur que la dernière cartouche de François Hollande soit en fait une balle à blanc. »
Jean-Paul Fournier : des réformes trop tardives
Pour le maire UMP de Nîmes, « une très grande partie des réformes abordées, pour l’entreprise, donc l’emploi, pour le pouvoir d’achat ou les institutions, ont été programmées après les élections présidentielles et législatives de 2017. C’est donc se moquer éperdument des Françaises et des Français, qui ne verront pas, à court terme, le fruit des engagements pris ». Selon lui, Manuel Valls « fait comme s’il n’avait pas entendu le signal adressé à l’exécutif lors des élections municipales. D’ailleurs, que dire de sa volonté de supprimer 10 milliards les dotations aux collectivités territoriales, comme s'il s'agissait de pénaliser les communes au motif qu'elles sont massivement passées à droite dimanche dernier. Est-ce une punition destinée aux électeurs qui ont abandonné la gauche ? »
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