Languedoc-Roussillon
Finances
Réforme bancaire : les craintes des banques régionales
Alors que l’Assemblée nationale s’apprête à débattre du projet de loi sur la réforme bancaire, le Comité des banques du Languedoc-Roussillon, qui regroupe les principaux établissements bancaires présents en région, s’inquiète de ses conséquences. Si les députés socialistes trouvent le texte du gouvernement trop clément à l’égard des banques, et s’apprêtent à déposer des amendements en conséquence, ce n’est pas l’avis des banquiers régionaux. « Le premier volet du texte concerne la séparation des banques de financement et d’investissement et des banques de détail », a rappellé Bruno Boivin, directeur régional du CIC Sud-Ouest et responsable régional de la Fédération française des banques, lors d'une conférence de presse ce midi, à Montpellier. « On s’oriente actuellement vers une filialisation. Mais comment déterminera-t-on une opération en compte propre et une opération pour le compte de la clientèle ». La directrice générale du Crédit agricole du Languedoc, Véronique Flachaire, se dit « d’accord pour séparer l’économie réelle de la spéculation. Mais la banque de financement et d’investissement finance l’économie réelle : elle intervient dans des émissions d’obligations qui financent les entreprises. On ne peut pas les lier à la spéculation. Le CHRU de Montpellier vient, par exemple, de se financer de cette manière ». Selon Bruno Boivin, cette mesure, si elle est appliquée, nécessitera « l’allocation de trois fois plus de fonds propres dédiés ». Hugues Dupuy, PDG de la banque Dupuy de Parseval, estime que le coût de la réforme « risque d’être supporté par le particulier. Quand l’économie se porte bien, les banques d’affaires rapportent beaucoup, et contribuent à la rentabilité des banques. Les banques seront donc contraintes de faire porter le poids de la réforme sur leurs clients particuliers ».
Solidarité
Deux autres mesures chiffonnent particulièrement les banquiers régionaux. D'une part, la « résolution bancaire » : « les banques pourraient être contraintes d’être solidaires entre elles pour aider leurs confrères », explique Bruno Boivin. « Notre crainte, c’est que ce principe soit élargi au niveau européen, et que nous ayons, demain, à éponger les pertes d’une banque grecque ». D'autre part, les banquiers voient d’un mauvais œil la limitation de leurs commissions d’intervention, perçues en cas de dépassement des plafonds de découvert autorisé. « Si les commissions d’intervention sont plafonnées, ou remises en question, ce sera répercuté sur le client, avec un service moindre en terme de dépassement », estime Bruno Boivin.










