Aude
Viticulture
Récolte 2014 : « le plus petit millésime jamais connu »

La récolte des vendanges 2014 atteint 3,3 millions d’hectolitres dans l'Aude. « C’est le plus petit millésime jamais connu, en recul de 25 % par rapport à 2013 » indique Jean-Marie Fabre, le président de la fédération des vignerons indépendants de l’Aude, qui réunit 90 % des 600 vignerons indépendants. Ces derniers réalisent 40 % des volumes et 65 % du chiffre d’affaires. Lors d'une conférence de presse qui s'est tenue au Palais du Vin, ce 21 octobre à Narbonne, il qualifie ce millésime 2014 « de périlleux ». Les conditions climatiques ont conduit les vignerons, en conventionnel comme en bio, à accompagner le raisin dans sa maturité pour assurer « une qualité de belle facture. » Même si cela reste aléatoire, « les cépages traditionnels comme le grenache ont mieux supporté les aléas climatiques.» La fédération se satisfait du travail mené par les OP et la chambre d’agriculture suite aux aléas climatiques et la possibilité d’achat dans l’aire de production de raisins grâce à un bail provisoire et précaire permettant au vigneron de vinifier au nom du domaine pour sécuriser les parts de marchés. « Nous avons réussi à créer une jurisprudence » déclare Jean-Marie Fabre.
Hausse des prix
Du côté des marchés, « les offres se font plus tôt qu’une année normale par les metteurs en marché en raison de la faiblesse des volumes et du fait que les stocks sont bas, indique-t-il. On constate une hausse des prix en Pays d’oc et IGP. Certains cépages comme le Chardonnay se vendent + 15 à + 25 %. On ne peut que se féliciter de l’amélioration de la rémunération depuis ces 3 dernières campagnes. On retrouve dans le produit les investissements réalisés sur le vignoble et les outils de fabrication. » « Le Fitou est passé de 180 €/hl fin des années 90 à 55 € pour remonter ces dernières années à 120 €. Si on prend le rosé, il est valorisé à 100 € en L.-R. et 300 € ailleurs, mais la notoriété grandissante favorise une hausse de rémunération », explique-t-il.
Un partenariat avec les metteurs en marché
Le président des Vignerons Indépendants souhaiterait que s’établisse pour le vrac un partenariat avec les metteurs en marché visant à « maîtriser l’accroissement de la valorisation du produit par une contractualisation sur plusieurs années. Cela ne peut se faire qu’au niveau de l’interprofession pour être garant du sourcing, de l’accroissement des prix, des volumes. » Selon lui, cela aurait pour effet de structurer le marché, et de favoriser l’installation des jeunes, la pérennisation du vignoble et l'économie de la filière viticole. Les prix actuels ne sont pas encore au niveau pour autant. Jean-Marie Fabre reste confiant, puisque « sur les 7 derniers mois, le L.-R. est le moteur de la croissance de la filière à l’export en volume et en valeur. Les IGP ont progressé de 6,4 % en valeur et les AOP de 6 %. Les gros marchés sont en Europe pour les IGP et l’Asie et les USA pour les AOP. On assiste à des ouvertures de marché vers le Brésil, l’Afrique du Sud », souligne-t-il.
Photo (VC) : Jean-Marie Fabre, président des Vignerons indépendants de l'Aude et Jean-Luc Fabry, directeur de la fédération.










