Qu'attendre de la régionalisation des routes nationales
La gestion des routes nationales RN 116 (reliant Perpignan à Bourg-Madame) et RN 20 (en Ariège) est transférée à titre expérimental à la Région Occitanie, annonce le Premier ministre Jean Castex, en promettant également une dotation financière sans en préciser le montant. Ce transfert, une première en France, s’inscrit dans le cadre de la nouvelle loi de décentralisation (loi 4D) qui sera examinée à partir du 5 juillet prochain au Sénat, indique François Calvet, sénateur LR des Pyrénées-Orientales, ardent défenseur de la RN 116 pour son rôle dans le désenclavement des Pyrénées-Orientales, entre la plaine, la zone de montagne et l’Espagne.
Vers une accélération des travaux de modernisation
Ravie de la décision du Premier ministre, Carole Delga, candidate PS à sa réélection à la présidence de la Région Occitanie, souhaite lancer « une grande concertation dans chaque département » sur l'avenir du réseau routier national en commençant par la Lozère et l'Aveyron pour la RN 88 qui constitue, avec la RN 116, un autre serpent de mer routier de l’est de l’Occitanie. Comme le sénateur catalan, l’élue régionale pointe « les difficultés répétitives que rencontre l’État à réaliser les aménagements routiers pour desservir les territoires, malgré l’intervention importante des collectivités locales dans le cadre du CPER ». « L’État a du mal à entretenir ses bijoux de famille, abonde François Calvet. Avec les routes nationales, nous sommes dans le même cas de figure que la décentralisation des collèges et des lycées, transférés aux Départements et aux Régions. Il faudra toutefois que soit précisé quelles sont les routes nationales qui seront d’intérêt régional. »
RN 116 dans les Pyrénées-Orientales
Depuis des années, l’élu catalan porte le projet de modernisation et de rénovation de la RN 116 qui avait dû être fermée (du 3 février avec une remise en circulation en juillet 2020) suite à la tempête Gloria (6 M€ de travaux engagés par l’État). Avec les élus locaux, il avait réclamé « un véritable plan Marshall de modernisation de cet axe ». Ce transfert de gestion pourra-t-il relancer par ailleurs le projet de voie rapide 2x2 voies entre Ille-sur-Têt et Prades (DUP abrogée après 5 M€ engagées) ? « Il faut d’abord que la loi 4 D soit votée, indique le sénateur. On peut espérer d’ici à deux ans des améliorations sur l’avancée de ce projet qui permettra d’ouvrir nos trois vallées pyrénéennes au profit du tourisme et de l’économie locale ».










