
Montpellier Méditerranée Métropole a installé ses instances, lors de sa première séance, ce 12 janvier. En présence du maire UMP de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, de plusieurs présidents d’intercommunalités voisines, et du préfet de région, les conseillers de l’Agglo de Montpellier ont distribué délégations et vice-présidences : 20 vice-présidents, 10 hommes et 10 femmes, ont été désignés (voir ci-contre). « La loi ne nous oblige pas à la parité. J’ai voulu montrer l’exemple. Pour les grandes villes, nous sommes la seule métropole dont l’exécutif est strictement paritaire », a expliqué Philippe Saurel, son président. La nouvelle métropole de Montpellier regroupe 31 communes et 434 101 habitants, sur un territoire de 423,21 km². « Le gouvernement et la représentation nationale ont voulu donner sa chance à la métropole de Montpellier, même si elle ne répondait pas aux critères fixés », a rappelé le préfet de région, Pierre de Bousquet. Sa « croissance à venir », avec 500 000 habitants annoncés par l’Insee à l’horizon 2030, a permis à Montpellier de rejoindre le club des métropoles, qui seront 14 d’ici à la fin de l’année. 26 communes sur 31, représentant 95 de la population, ont approuvé le nouveau statut.
Pas d'aéroport
La nouvelle métropole est compétente en matière de transports, de développement économique, et pour l’aménagement de l’espace. « Elle pourra demander à la Région des transferts de compétences liés aux lycées et au développement économique, au conseil général le transfert des routes et des collèges », a énuméré le préfet, qui a souligné qu’elle serait un « acteur quasi-unique au sein de son périmètre d’intervention ». Mais qu’il lui manquerait « deux infrastructures majeures : un aéroport et un port. C’est pourquoi il est important de jeter des ponts vers les territoires voisins comme Pays de l’or, Thau Agglo, ou ceux plus lointains, comme Nîmes, Béziers ou Lodève ». Un chantier lancé dans le cadre du futur pôle métropolitain auquel Montpellier veut associer ses voisins.
Saurel : un pôle métropolitain pour peser face à Toulouse
Pour le président de Montpellier Méditerranée Métropole Montpellier, « le Pôle métropolitain est susceptible de nous apporter la puissance pour être un pôle respectable face à Toulouse. » « Toulouse a un grand territoire, a l’aérospatiale, le cancéropôle, l’oncopôle, les universités. Nous sommes moins puissants, mais nous avons d’autres atouts, dans la santé, les universités, le numérique », a estimé Philippe Saurel. Selon lui, Montpellier et Toulouse sont « deux villes qui se répondent dans l’histoire. Elles ont toutes deux orchestré le Languedoc historique ». Elles ont « toutes deux (été) rassemblées sous la bannière, celle de la croix des Comtes de Toulouse ». « Avec le maire de Toulouse, nous ferons voter un vœu commun en séance publique pour dire que nous sommes capables de développer nos cités en développant l’ensemble des structures qui s’y trouvent déjà, et en respectant l’une et l’autre métropole. » « Nous Voulons proposer une autre façon de faire de la politique, d’aimer le territoire, de défendre la culture, de promouvoir l’économie de nos deux métropoles respectives ».
Moudenc : une « union des métropoles »
Déjà venu à Montpellier, le maire et président de Toulouse Métropole, Jean-Luc Moudenc, a souligné que, « dans l’optique de la future grande région, nos deux villes, nos deux grandes métropoles ont vocation à travailler main dans la main. Quelle que soit l’organisation institutionnelle qui sera choisie, il y aura une coopération ». Une « union entre les deux métropoles » qui est « le fruit d’une histoire ancienne que l’on reprend ». « Nous arriverons au début de l’année 2016 avec 18 mois de travail en commun », se réjouit l’élu UMP. Dont la métropole ne sera en place que le 23 janvier. La séance d’installation, initialement prévue le 8 janvier, a été reportée après l’attentat contre la rédaction de Charlie Hebdo.
« Le législateur en train de travailler à la répartition des compétences entre collectivités », a rappelé le maire de Toulouse. Qui « souhaite que la métropole et la région puissent former un couple institutionnel au service des territoires et des projets ». Selon lui, « la future région doit s’appuie sur ces deux métropoles, et les considérer comme les moteurs de la croissance de toute une région ». Il prône une « vision partenariale », sans « que l’un domine l’autre. La loi doit assurer l’équilibre entre les métropoles et les régions. C’est à cette condition là que réussiront les réformes territoriales en cours ».
Photo HF : Philippe Saurel avec son homologue de Toulouse Métropole, Jean-Luc Moudenc.