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Haute-Garonne / Hérault
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Institutions
| 1/02/2016

Pourquoi les métropoles de Toulouse et Montpellier amorcent une stratégie globale

Le lieu n’est pas anodin : samedi après-midi, c’est à l’Opéra Comédie que Jean-Luc Moudenc, président de Toulouse Métropole, et Philippe Saurel, président de Montpellier Méditerranée Métropole, ont paraphé l’accord-cadre entre les deux collectivités. Le document avait déjà été signé la veille à Toulouse.
La culture fait en effet partie des domaines où les deux institutions pourraient être amenées à chercher des synergies. Le rapprochement entre certains équipements culturels, dont le coût élevé pose problème vu les restrictions budgétaires, ainsi que des passerelles entre différents enseignements artistiques, sont à l’étude. « Nous sommes deux villes de culture. Depuis des siècles. Montpellier et Toulouse sont des villes où on aime apprendre, souligne Jean-Luc Moudenc. La connaissance éclaire l’humanité, mais c’est aussi un moteur pour le développement économique. La culture est un des domaines où on peut avoir des échanges, pour pérenniser des initiatives culturelles dans les deux métropoles, avec la mise en place, pourquoi pas, de mutualisations. »
Dès le mois prochain à Cannes, au Mipim (salon de l’immobilier d’entreprise international), les deux métropoles feront stand commun devant les investisseurs du monde entier.
En matière d’innovation, les deux métropoles, labellisées French Tech et engagées dans une démarche de smart city, pourraient chacune ouvrir leur territoire aux innovations et expérimentations des start-up des deux métropoles.
Côté mobilité, « le tronçon LGV entre Toulouse et Narbonne est considéré comme indispensable, d’après François Chollet, vice-président de Toulouse Métropole. En l’attendant, il faut améliorer le cadencement des trains entre Toulouse et Montpellier. » « La mobilité sera notre premier combat, confirme Jean-Luc Moudenc. L’Etat a choisi de créer une grande région, avec deux métropoles distantes de 240 km. Qu’il s’engage donc à solidifier le financement de la LGV Bordeaux-Toulouse. Il nous faut aussi le maillon manquant du TGV entre Toulouse et Narbonne. Nous avons vocation à inscrire une dynamique avec Montpellier, Barcelone, Toulouse. Ce triangle doit fonctionner. Toulouse doit faire sienne la revendication que porte Montpellier pour une liaison ferroviaire à grande vitesse avec Perpignan. »
Ce partenariat entre deux collectivités présidées par des exécutifs de couleur différente, inédit en France, porte également sur les universités et la recherche, le tourisme (présence commune au dernier salon de Barcelone, l’habitat et l’aménagement urbain, le développement durable, la politique agricole et alimentaire.

Réagir face aux restrictions budgétaires

Si les deux métropoles entendent parler d’une seule voix face à l’Etat, l’Europe et la Région, leurs partenaires financiers naturels, l’intérêt de l’accord-cadre réside donc aussi dans la recherche d’économies. « Cet accord-cadre est le signe de l’adaptation des métropoles à un nouveau monde, qui s’ouvre aujourd’hui pour les collectivités locales, martèle Max Lévita, vice-président de Montpellier Méditerranée Métropole en charge des finances. La fin de l’inflation, les Français n’en ont pas encore tout à fait pris conscience. On ne peut plus tout financer, car les remboursements sont de plus en plus lourds. L’Etat français a atteint les limites de l’endettement, et cela nécessite une nouvelle politique. Les restrictions budgétaires vont être extrêmement dures pour l’ensemble des collectivités, et les deux métropoles en ont pris conscience. Nous serons concurrents avec Toulouse dans un certain nombre de domaine. Mais il faut rechercher des coopérations dans de nombreux domaines, car nous n’aurons plus les moyens d’y aller tout seuls. »
Jean-Luc Moudenc renchérit : « Nous sommes entrés dans une période nouvelle pour les collectivités territoriales. Il y a eu les 30 Glorieuses des collectivités. Cette période est terminée. Nous sommes dans une époque plus difficile, où la ressource se raréfie, alors que dans le même temps, la demande citoyenne de services, et la pression démographique, font qu’on a besoin d’impulser des projets. On est dans cette contradiction. »
Les deux aires urbaines regroupent à elles seules le tiers de la population régionale.

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