Pourquoi la filière Roquefort demande l’exemption du Nutri-Score
L’étiquetage nutritionnel était en débat le 19 octobre au niveau européen sur le modèle du Nutri-Score français, qui pourrait devenir obligatoire en 2022 dans tous les États membres. La filière Roquefort a pris la tête du mouvement de protestation contre ce logo industriel : il permet d’étiqueter les produits alimentaires pré-emballés en fonction de leur teneur en matières grasses, sel et sucres avec cinq niveaux, de A à E. Le Roquefort se retrouverait particulièrement mal noté, avec un E. « Il est dramatique d’envisager que la première rencontre des jeunes consommateurs avec le Roquefort soit un E sur fond rouge, cela ne rend pas justice à ce symbole de la gastronomie française protégé par une recette ancestrale et un cahier des charges strict », défend Sébastien Vignette, secrétaire général de la Confédération générale de Roquefort.
Dans un manifeste publié la semaine dernière, les producteurs demandent à bénéficier d’un régime dérogatoire pour le Roquefort et les fromages sous signes officiels de qualité, souhaitant voir le Nutri-Score réservé aux produits très transformés. « Nous n’acceptons pas la mise au pilori de notre fromage et la remise en cause du plaisir de bien manger au nom d’une réglementation illisible reposant sur un algorithme tronqué », énonce ce manifeste. Pour les promoteurs du Nutri-Score, l’adoption d’un logo européen unique ne veut pas dire qu’il ne faut plus consommer les produits notés D et E mais plutôt qu’il faut les consommer avec modération. La Confédération générale de Roquefort voit justement dans cette incitation à raisonner sa consommation une menace pour l’économie du Roquefort. Avec un chiffre d’affaires global de 250 M€ dont 25 % à l’export, la filière, qui accuse une baisse annuelle de sa production de 1 % depuis dix ans (16 012 tonnes en 2020) représente 3 500 éleveurs de brebis, 2 000 emplois directs et sept entreprises dans le sud Aveyron.










