Pour Les Echos, la catastrophe de Brétigny "ringardise" les projets de lignes à grande vitesse
La catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge (Essonne), qui a fait six morts et neuf blessés graves dans le train Paris-Limoges, vendredi en fin d’après-midi, met en lumière l’urgence de la rénovation du réseau ferroviaire existant. Dès le 25 juin, un expert ferroviaire confiait à La Lettre M : « L’Etat a une volonté forte de privilégier l’entretien du réseau existant et de repousser quasiment la totalité des projets de lignes à grande vitesse, gourmands en crédit public, à plus tard (…) Le réseau francilien est dans un état épouvantable (…) En matière ferroviaire, notre pays doit investir en Ile-de-France, et sur les zones denses. » Le 27 juin, les conclusions de la commission Mobilité 21 vont dans ce sens. Seule la ligne nouvelle Bordeaux-Toulouse sera réalisée d’ici à 2030.
Vétusté
Pour Lionel Steinmann, spécialiste des transports aux Echos (édition de ce lundi 15 juillet), « Brétigny valide la priorité donnée à la modernisation du réseau. Ce drame a été l’occasion pour le grand public de découvrir que la construction de lignes TGV avait un impact négatif sur le reste du réseau. La vétusté du réseau existant est due à la priorité donnée durant trente ans au développement du réseau TGV. » En clair, l’argent que l’on met dans les LGV, on ne peut pas le mettre dans la modernisation du reste du réseau. Il y aurait donc, d’après lui, un "avant" et un "après" Brétigny. Le report après 2030 des projets de lignes nouvelles prévues dans le cadre du Grenelle de l’Environnement a suscité des « communiqués outragés des élus locaux sur l’abandon de leur ville ou de leur région, coups de fil à Matignon, menaces de ne plus participer au cofinancement des chantiers en cours… La pression sur l’exécutif a été constante ces derniers jours. Celle-ci devrait désormais être moins forte, car le drame de Brétigny aura permis une opération de pédagogie sur l’état du réseau. Jusque-là connu des seuls experts, le rapport de l’Ecole polytechnique de Lausanne sur la dégradation du rail français a été largement commenté (…). Et Frédéric Cuvillier, ministre des Transports, a eu trois fois plus de temps d’antenne en un week-end pour plaider la cause de la politique définie par le gouvernement qu’il n’en avait eu sur les six derniers mois. »










