Aude
Transports - Logistique
Port-la-Nouvelle : le débat public attire plus de 300 personnes

Plus de 300 personnes ont participé, ce 14 janvier, au débat public organisé à Port-la-Nouvelle sur le projet d’extension de la zone portuaire. En tant que maître d’ouvrage, la Région L.-R. a soumis les aspects techniques de ce projet, « qui est un maillon d’un ensemble structurant du territoire pour faire venir de la richesse », a indiqué le sénateur et vice-président de la Région en charge du dossier, Robert Navarro. Ne rien faire, c’est programmer le déclin du port. On n’attire pas les investisseurs sans rien faire. » L’approche régionale, qui vise autant le développement économique et l’emploi que l’optimisation de l’argent public, a suscité des réactions divergentes. Quatre cahiers d’acteurs ont été diffusés lors de ce débat : conseil général de l’Aude, Ville de Port-la-Nouvelle, Association de la Mission de la mer, PLN Windsurf.
Une évolution nécessaire
Les experts et le document support du débat s’accordent à dire que si ce projet, évalué entre 225 et 310 M€* selon l’alternative choisie (3), ne se concrétisait pas, le port risquerait, à terme, de disparaître faute d’activité. « Depuis toujours, ce sont les ports qui s’adaptent aux navires et non le contraire. Le sens de l’histoire, c’est l’augmentation de la taille des navires, explique Claude Torchon, expert de la société Catram (AMO). Un navire moderne réduit le prix à la tonne et accroît de fait la compétitivité du port. » Il souligne aussi que « le port doit s’inscrire dans un système de logistique global et pour cela, il faut créer des opportunités pour accueillir des activités nouvelles. »
Un argumentaire tourné vers l’activité
L’extension de la zone, selon la Région, permettrait à l’horizon 2030 le triplement des flux pétroliers, la multiplication par 25 du transport des liquides alimentaires, une augmentation de 40 % de l’exportation des produits céréaliers... En terme d’emplois directs, elle annonce que l’extension pourrait générer la création de 2 000 postes supplémentaires auxquels s’ajoutent les 2 300 emplois ETP liés au chantier lui même porteur d’activités régionales. Le débat doit identifier les besoins. « L’extension du port va poser la question des matériaux pour réaliser l’ouvrage. Ainsi il a été estimé à 4 millions de tonnes le besoin en matériaux de carrières auxquels s’ajoutent 3 millions de tonnes issus des dragages. L’idée est de solliciter les carrières de la région avec la possibilité de faire appel à d’autres zones en complément » explique Yves Marcellin, autre expert de Catram.
Des réactions variées
La présentation des aspects techniques a suscité des réactions de la part des participants. Celles-ci étaient très attendues par les acteurs du projet pour jauger des attentes. Les défenseurs de l’environnement ont fait entendre leur voix à travers Albert Cormary, du groupe Europe Ecologie-Les Verts, pour qui « rien dans votre projet ne justifie de tels aménagements. Le port ne disparaîtra pas ! Votre projet et votre dossier ne sont pas convaincants. Il faudrait une analyse sur ce qui manque au port dans sa configuration actuelle pour gagner du trafic. » « En 2011, 490 000 tonnes de flux n’ont pu être traitées à La Nouvelle à cause du manque de place et de stockage et de la desserte ferroviaire insuffisante. Et non pas à cause de la taille des bateaux, complète Maryse Arditi, présidente d’Eccla, pour qui la Méditerranée est adaptée aux petits bateaux. Pour Robert Passemar (CGT), au contraire, le port ne sera jamais assez grand : Il se dit convaincu que « si Port-La- Nouvelle était dans l’Hérault, la Région en aurait déjà fait un port XXL, comme à Fos-sur-Mer ! ». Le syndicaliste a fait part de son inquiètude sur le risque de concurrence entre les entreprises nouvelles et celles déjà présentes sur le site portuaire. Du côté des habitants, beaucoup se sont plaints qu’une seule réunion ne soit organisée à La Nouvelle. Pour d’autres ce sont des habitudes de vie qui risquent d’être anéanties voire perturbées. « Il ne faut pas opposer l’accès à la plage de la Vieille Nouvelle au projet d’extension. La Région a promis un chemin et du stationnement le long de la digue », confirme le maire, Henri Martin.
* La Région L-R finance le projet à hauteur de 70 %, les 30 % restant se répartissent entre l’Agglo de Narbonne et le Département.










