Pôle emploi : les chiffres-clefs 2018, sur fond de stabilité du chômage
Avec 579 000 demandeurs d’emploi dans les catégories A, B et C (+ 0,7 % par rapport à 2017) au 31 décembre (catégorie A : 359 710, - 0,3 %), l’Occitanie « reste sur un chômage de masse, avec un taux de 10,7 %, au lieu de 8,8 % au niveau national », indique, le 13 février, Serge Lemaître, directeur régional de Pôle emploi. Le service public enregistre 411 000 retours à l’emploi en 2018, mieux qu’en 2017 (395 000), alors que s’achève la convention tripartite Etat-Unedic-Pôle emploi 2015-2018. L’évaluation menée par l’IGF et l’Igas mentionne un « haut de niveau de performance globale » et des « progrès significatifs réalisés par l’opérateur ». Quelques exemples en 2018 : 34 % de taux d’accès à l’emploi durable six mois après la fin d’une formation financée ou rémunérée par Pôle emploi (+ 3,4 %), 74,9 % de taux de satisfaction des demandeurs d’emploi concernant leur suivi (+ 3 %), 59 555 demandeurs d’emploi en accompagnement intensif (+ 9,2 %), 94,4 % de premiers paiements réalisés dans les délais. En matière des services aux entreprises, 84,9 % des offres en accompagnement sont satisfaites par Pôle emploi (+ 0,7 %).
Conjoncture : le chômage devrait rester stable. « La croissance est plus molle actuellement, relève Serge Lemaître. Beaucoup de lois se mettent en place sur le droit du travail. Elles ont pour objectif d’assouplir les conditions d’emploi. Il n’y a pas une croissance formidable. L’Occitanie crée des emplois, mais moins qu’il y a un an. Si le flux démographique se poursuit, le nombre de demandeurs d’emploi va rester stable. » Le Plan d’investissement dans les compétences du gouvernement (formation de deux millions de demandeurs d’emploi), produira des « effets massifs dans un an, un an et demi », anticipe Serge Lemaître. L’enquête BMO (besoins en main-d’œuvre des entreprises), attendue pour avril, livrera des éléments plus précis sur l’Occitanie.
Un phénomène : les contrats courts. 35 % des demandeurs d’emploi ont une activité réduite en région. Soit deux fois plus qu’il y a dix ans. Serge Lemaître observe « beaucoup de travail temporaire et de contrats courts. Le nombre des salariés en CDI est stable, par contre, l’entrée sur le marché du travail se fait par des contrats courts. L’intérim est davantage utilisé, notamment dans l’industrie. »
La montée en puissance des services en ligne, notamment pour les publics les plus autonomes, avec spheremploi. « Les communautés de demandeurs d’emploi sont animées par un conseiller, sur des thématiques (création d’entreprise, formation, VAE, secteur d’expertise…), le conseiller jouant le rôle de modérateur. Cela correspond à une forte demande forte des demandeurs d’emploi, qui sont isolés, souhaitent échanger avec d’autres demandeurs d’emploi, leurs conseillers… »
Le dispositif « Agences de demain », qui introduit du digital et proposera des espaces de travail, va concerner sous peu 13 des 77 agences Pôle emploi de l’Occitanie. D’ici à fin 2021, toutes les agences auront été revues. Les travaux d’aménagement s’élèvent à environ 20 k€ par agence.
Accompagnement des publics fragiles : l’Hérault traîne le pas. Pour accompagner les publics rencontrant des difficultés sociales (santé, logement, situation de précarité), en plus de leur recherche d’emploi, Pôle emploi a signé des accords avec 12 et 13 départements de la région, pour que les conseillers travaillent en binôme avec des travailleurs sociaux. « Il y a des résistances, à ce jour, dans l’Hérault. On est revenus plusieurs fois à la charge. » Le taux de retour à l’emploi pour ces publics est multiplié « par deux ou trois » à l’aide de cette mesure, selon Serge Lemaître.
En 2018, 84 628 demandeurs d’emploi sont entrés en formation, soit 16 % des demandeurs d’emploi, le standard européen étant de 20 %. « C’est au-dessus, en volume, de l’Ile-de-France, et il s'agit de la meilleure performance nationale », se félicite Serge Lemaître. Les formations les plus suivies : hôtellerie-restauration, commerce, santé, services à la personne, transport, industrie, numérique. « L’enjeu de la formation est primordial. 30 % des gens inscrits à Pôle emploi ont un niveau infra-bac. Le conseil régional n’a jamais baissé la garde, a maintenu son effort en matière de formation professionnelle », indique-t-il. Grâce à des formations « mieux ciblées », mais aussi au « dynamisme de l’économie régional », le taux de reprise d’emploi après formation s’élève à 60,8 % (+3,1 % par rapport à 2017). Formations mieux ciblées.
305 000 offres d’emploi ont été confiées par les entreprises d’Occitanie en 2018 (+ 0,5 %). « On arrive toujours en premier pour les entreprises, sur les offres CDD de plus d’un mois et sur les CDI. » Pôle emploi a signé des accords avec la plupart des job board au niveau national et garantit la légalité des offres, leur contrôle et leur actualisation. « Le logo des sites partenaires apparaît, dans le cadre de la transparence du marché de l’emploi. Ces sites ne sont pas concurrents au nôtre : plus les offres sont diffusées, plus il y a de chances qu’elles trouvent preneurs, et les conseillers peuvent proposer des offres non gérées par Pôle emploi. » Au total, 600 000 offres d’emploi sont en fait passées par Pôle emploi Occitanie l’an dernier. L’objectif est d’améliorer le service aux TPE et PME. « Ces structures n’ont pas de service RH. Il faut les aider en matière de présélection des candidats, de définition de poste. C’est notre cœur de cible, car c’est là que se trouvent les gisements d’emplois. »
Lutter contre les difficultés de recrutements. Le dispositif #versunmetier a déployé 1 200 événements en Occitanie en 2018 (autant cette année). Toutes les semaines, dans toutes les agences, une demi-journée sur les métiers en tension est organisée dans un bassin d’emploi. Des mini job dating ciblent des demandeurs d’emploi identifiés au préalable. « Il n’y a pas d’invitations massives. Nos services décryptent les profils de demandeurs d’emploi qui sont proches d’une offre, mais dont l’envoi d’un CV resterait sans réponse. On travaille sur les compétences transférables. Ce qui demande d’éplucher les candidatures, d’échanger avec les entreprises. C’est du sur mesure, et on a des résultats. » Des sessions de découverte des métiers sont également organisées.
Les deux causes de difficultés de recrutement : « la pénurie de main-d’œuvre, où la seule solution est la formation, et le déficit d’image, dans des métiers qui recrutent, mais où personne ne veut aller : services à la personne, hôtellerie-restauration, métiers du bâtiment, industrie agroalimentaire… Les métiers du bâtiment souffrent de 8 années de coupes claires, et manquent de bras à nouveau. »
D’après Serge Lemaître, les prérequis (comportements et savoir-être) apparaissent de plus en plus en critère numéro 1 des recherches des employeurs, « quitte à former sur le côté technique, ensuite, les collaborateurs ».
> Les offres d’emploi déposées en 2018 :
Services à la personne : 17 % des offres
14 % dans le commerce
14 % dans hôtellerie restauration
12 % dans le bâtiment
8 % dans le transport et logistique
8 % dans l’industrie.










