Pierre Moscovici : « L’Europe pèse en Occitanie, mais l’Occitanie pèse aussi en Europe »
« L’Europe n’est pas un machin lointain », « Je ne suis pas un bureaucrate », « Notre place est sur le terrain »… Opération séduction pour Pierre Moscovici, en déplacement à Toulouse le 26 février (avant Montpellier le 27 février), à l’invitation de Carole Delga, présidente PS de la Région Occitanie. Le commissaire européen aux affaires économiques et financières, à la fiscalité et à l’union douanière vient vanter les mérites de l’Europe à l’occasion d’une visite de deux jours en Occitanie, son « plus long déplacement dans une région française ». « L’Europe pèse en Occitanie, mais l’Occitanie pèse aussi en Europe », martèle-t-il, avant de rappeler l’importance de l’investissement européen dans le territoire : 2,8 Md€ à travers les fonds structurels entre 2014 et 2020, « soit 500 euros par habitant ». Sans oublier le Plan Juncker, qui a permis 3,5 Md€ d’investissements dans la région. « Alors oui, je sais que l’Occitanie a parfois un rapport compliqué avec l’Europe, concède-t-il. Je sais qu’à Auch ou à Rodez, on se sent parfois loin de Paris, et encore davantage de Bruxelles. Je ne suis pas là pour dire "Tout va bien, Madame la marquise… " Mais votre région dispose d’innombrables atouts, et l’Europe est là pour les protéger et les développer. »
De son côté, Carole Delga, dit vouloir « plus d’Europe et mieux d’Europe ». Et d’affirmer : « Je suis autant européenne que décentralisatrice, c’est dire… » Pour l’élue socialiste, il faut que Bruxelles continue à jouer un rôle dans le développement des « trois grands piliers économiques de notre région : l’agriculture/agroalimentaire, le tourisme et l’aéronautique/spatial » tout en « accompagnant la nouvelle économique, celle de la transition énergétique, de l’écologie, du numérique et des objets connectés », sans oublier « l’économie sociale et solidaire ». Interrogé sur l’épineux dossier de la LGV, Pierre Moscovici botte en touche. « Sur ce sujet, je dois être prudent. Car ce sont aux pouvoirs publics nationaux de décider de leurs politiques ferroviaires. La question du rythme et du financement n’est pas entre les mains de la commission européenne. Mais bien sûr, je comprends le paradoxe : l’Occitanie est probablement la région la plus dynamique de France et c’est celle où le degré d’éloignement (vis-à-vis de la capitale, NDLR) est le plus élevé ». Carole Delga confirme : « Sur le dossier de la LGV, l’Europe peut apporter son aide, mais à condition d’avoir une décision du gouvernement français ».










