Photovoltaïque - Le SCOT Sud-Gard se dote d'une grille d'évaluation des projets de centrale
« Si on laisse faire, dans dix ans notre département ressemblera à un champ photovoltaïque » argumente Franck Proust, président du SCOT Sud-Gard (*) pour justifier de la mise en place d\'une grille d\'évaluation des projets qui permettra au SCOT de délivrer un avis avant passage du projet en préfecture. « Actuellement, il y a plus de 800 demandes de projets au sol dans le département », avance Dominique Granier, président de la chambre d\'agriculture. « On a donc travaillé avec la chambre d\'agriculture pour avoir une approche commune sur l\'implantation des fermes photovoltaïques », poursuit Franck Proust. En jeu, la protection des terres à potentiel agricole, afin qu\'elles ne passent pas de friche à ferme photovoltaïque aux terrains concédés pour 20 ou 30 ans : « La difficulté du monde agricole vient accroître l\'attractivité pour ce genre d\'outils, poursuit Franck Proust. On reçoit actuellement six à sept projets par semaine pour une implantation », dans un département où, selon Dominique Granier, « l\'urbanisation du foncier agricole est deux fois plus importante que dans le reste de la France ». Les projets photovoltaïques passent donc désormais par la grille d\'analyse du SCOT, qui attribue ou retire des points en fonction du site étudié par le candidat à l\'installation, selon qu\'il se trouve sur une ancienne décharge, en zone AOC, en Znieff (zone naturelle d\'intérêt écologique faunistique ou floristique), en zone Natura 2000 ou en zone soumise à autorisation de défrichement. Seul un site classé vaudra un refus avant analyse du dossier : sur la zone du SCOT Sud-Gard, les gorges du Gardon et la Camargue gardoise en abritent chacun un.
Deux projets déjà validés
Deux projets ont pour l\'instant reçu l\'aval de la commission agriculture et environnement du SCOT, qui statue sur les projets : Jonquières-Saint-Vincent (20 ha) et Saint-Côme-et-Maruéjols (7 ha). Deux autres étaient déjà lancés avant la mise en place de la grille : Fourques (111 ha) et Boissières (15 ha). Le 27 février, la commission du SCOT ira visiter trois nouveaux projets, à Nîmes, Vergèze et Vauvert. « En plus de la grille, ajoute Vincent Allier, président de la commission agriculture et environnement au Scot, nous demandons aux opérateurs une provision de 20 % du montant de l\'investissement en vue de la remise en état du site », la somme étant déposée à la Caisse des dépôts et consignations. Même si le SCOT Sud-Gard ne délivre qu\'un avis, Franck Proust se veut rassurant : « Je n\'ai jamais vu une préfecture aller à l\'encontre de l\'avis d\'un SCOT ». Cette évaluation préalable n'existe pour l\'instant que dans une partie du territoire de la Corse et des Hautes-Alpes.
Serres photovoltaïques de substitution
En revanche, la grille d\'évaluation « ne concerne pas les serres agricoles » prévient Vincent Allier. Or pour atteindre l\'objectif fixé au niveau national de 100 MW d\'énergies renouvelables produites en 2020 dans le Gard (7 MW actuellement sans ferme photovoltaïque), « on a calculé qu\'on a besoin de 150 à 200 hectares » avance Dominique Granier. D\'où l\'intérêt pour le président de la chambre d\'agriculture du Gard et de la Safer L.-R. d\'effectuer un test sur une serre existante pour « voir si avec 48 % d\'ombre due aux panneaux, on peut faire pousser quelque chose ». Un premier projet a été refusé au dos de Lédenon car situé sur une zone Natura 2000. « Mais 4 à 5 hectares sont en train de se faire à Bellegarde au sein d\'un projet d\'arbres fruitiers » poursuit Dominique Granier. Les serres pourraient ainsi venir partiellement compenser les interdictions au sol. D\'autant que le tarif de rachat du KWh produit y est plus avantageux qu\'au sol.
(*) Le SCOT Sud-Gard rassemble 79 communes et 7 intercommunalités, réparties de Saint-Géniès-de-Malgoirès au nord au Grau-du-Roi au sud, de Sommières à l'ouest à Beaucaire à l'est.










