Philippe Saurel, nouveau maire de Montpellier (DVG), se pose en successeur de Georges Frêche
Le dissident socialiste Philippe Saurel (DVG), 56 ans, chirurgien dentiste de profession, a été élu maire de Montpellier, capitale du Languedoc-Roussillon et 8ème ville de France (265 000 habitants), samedi lors du conseil municipal d'investiture. Il succède à Hélène Mandroux (PS), maire depuis 2004. Sur les 65 conseillers municipaux, 45 ont voté pour lui, 3 pour la conseillère municipale FN France Jamet - la seule à s'être présentée contre lui samedi matin -, et 17 bulletins ont été nuls.
"La tâche est exaltante, a déclaré Philippe Saurel, après avoir serré la main de chacun des conseillers municipaux, réservant une accolade particulière pour Hélène Mandroux, qui lui a apporté un soutien inattendu entre les deux tours.
Au travers de cette campagne, qui est un exemple pour tout le pays, nous avons proposé une autre façon de faire de la politique, avec une liste divers gauche, écologiste mais avant tout citoyenne. Nous avons mené ce combat avec subtilité et intelligence. Quand on n'a pas la force, il faut avoir les idées."
Philippe Saurel a insisté sur l'ampleur de sa victoire du 30 mars : "Nous avons gagné les élections municipales avec un score qui ne mérite aucune remarque. Je ne pensais pas moi-même que le différentiel soit aussi important. Dans mes rêves les plus fous, je pensais obtenir 3 ou 4 points d'avance. Là, plus de 10 points... les Montpelliérains m'ont demandé de gouverner. Je vais gouverner. "
Dialogue avec les intercommunalités voisines
Répétant à plusieurs reprises le mot "passion" dans son discours, où il a rappelé sa passion pour l'histoire, il a proposé deux axes "fondamentaux" pour son action politique à venir : "la démocratie locale, avec des conseils de quartiers dotés de vrais budgets ; l'importance de retisser les liens avec les intercommunalités voisines, dans le respect de celles-ci, du Pic Saint-Loup à la mer (Nord au Sud) et de Lunel à Sète (Est à Ouest)". Des "guerres internes" ont conduit à des aberrations, comme la ligne 3 du tramway qui s'arrête à 1 km de la mer, ou encore le fait que l'aéroport de Montpellier soit situé sur la communauté d'agglomération du Pays de l'Or, et non sur celle de Montpellier.
Philippe Saurel s'est clairement posé en successeur de Georges Frêche. "Certains ont critiqué le manque d'expérience de notre liste. Mais en 1977, lors de sa première élection, Frêche avait-il des députés, des conseillers généraux, des grands pontes du parti dans sa liste? Certainement pas ! Il avait pris des gens qui avaient envie de se lever tôt, et de se coucher tard, avec l'envie d'agir pour le bien public."
Soucieux de "faire mieux avec moins" (allusion à la baisse en cours et à venir des dotations de l'Etat), Philippe Saurel, qui brigue à présent la présidence de la communauté d'agglomération de Montpellier, a décidé d'abaisser symboliquement de 25 à 20 le nombre de ses adjoints. A l'agglomération, il compte attribuer la majorité des vice-présidences aux maires des villages.
Le 30 mars, Philippe Saurel avait créé la surprise, en remportant largement l'élection, avec 37,54 %, devant le candidat PS, Jean-Pierre Moure (27,40 %), pourtant favori des sondages. Jacques Domergue, (UMP, 25,88 %) et France Jamet (9,18 %).
La prochaine séance du conseil municipal aura lieu le 17 avril. Les délégations y seront attribuées.










