Petit déj de La Lettre M : fret ferroviaire et infrastructures régionales en débat

Jean-Claude Brunier, président de l’association Translog Sud de France et pdg de l’entreprise de transport combiné rail/route TAB (Saint-Jean-de-Védas) et Jean Ghédira, directeur régional de la SNCF, ont exposé les grands enjeux logistiques et de transport de la région L.-R., mardi 31 mai dans les locaux de La Lettre M à Montpellier, lors du troisième "Petit déj" de La Lettre M, animé par Henri Frasque, rédacteur en chef.
« Sans transport, pas d’économie, a asséné Jean-Claude Brunier. Le transport est un levier, un point d’appui très pertinent pour faire du développement économique. D’autant plus que cette région a une réelle vocation de transport, elle est très bien placée géographiquement. Au droit de Montpellier passe une grande majorité des marchandises vers et en provenance de la péninsule ibérique. »
L’enjeu vital de la ligne nouvelle Montpellier-Perpignan
« Les projets de lignes nouvelles à grande vitesse (Nîmes-Montpellier, à l’horizon 2017, puis Montpellier-Perpignan, à l’horizon 2020-2023, NDLR) sont un enjeu fantastique pour le territoire », a déclaré Jean-Claude Brunier.
Jean Ghédira a souligné l’urgence du doublé de ligne : « La ligne littorale actuelle est bloquée au moindre pépin. On est à la merci du moindre incident. » Jean-Claude Brunier reste prudent sur la mise en service de la ligne nouvelle Montpellier-Perpignan, portée par RFF. « Sur ce projet, on sait qu’on ne sait pas. Il n’y a pas d’accord sur le financement. » Mais il a insisté sur l’importance de sa réalisation. « Cette ligne est plus urgente que Bordeaux/Hendaye (projet concurrent pour connecter la péninsule ibérique au réseau européen à grande vitesse, NDLR). L’enjeu est très fort. La région doit se battre pour que ce chaînon manquant soit fait le plus vite possible. Ça serait une erreur politique majeure de ne pas se battre pour la réalisation de ce barreau manquant. »
Crise des sillons ferroviaires
« Les installations ferrées du L.-R. sont vieillissantes, a constaté Jean Ghédira. Le L.-R. est l’une des régions de France qui compte le plus grand nombre de limitations de vitesse sur son réseau ferré. La régénération des voies est un enjeu important. Fin 2011, les travaux sur l’axe Nîmes/Alès (maîtrise d’ouvrage : RFF, NDLR) vont bloquer la voie pendant trois mois. »
« Le réseau ferroviaire a été sous-entretenu pendant des décennies, a enchaîné Jean-Claude Brunier. Aujourd’hui, RFF engage un important plan de modernisation du réseau existant. Il y a des travaux partout. Conséquence, les entreprises ferroviaires ont de très grosses difficultés pour circuler. Nous devons réserver nos sillons avec une année d’avance… et, depuis début 2011, la moitié des sillons commandés disparaissent ou présentent des défauts de qualité. Pour nous, c’est un problème majeur, il faut résoudre rapidement. T3M ("Transports du 3e millénaire", autre société dirigée par Jean-Claude Brunier) a demandé à RFF 1,4 M€ de dédommagements pour le 1er trimestre 2011 (pour un CA de 25 M€). »

Autre écueil au développement du transport combiné rail/route (technique qui consiste à transporter des caisses mobiles par rail sur les longues distances, puis par camion sur les courtes distances) : l’accès « encore très difficile » aux terminaux où s’opèrent les transbordements, propriété de RFF.
A plus long terme, Jean-Claude Brunier s’est dit confiant pour le rail/route : « Les objectifs de report modal fixés par le Grenelle de l’Environnement profitent au transport combiné rail/route. L’activité de T3M a progressé de 50 % en deux ans, et pèse aujourd’hui 30 % du volume national de transport combiné. Le marché est intéressé, principalement pour deux raisons : le prix du carburant qui asphyxie les routiers, et l’aspect écologique (bilan CO2 à afficher par les entreprises), auquel sont de plus en plus sensibles les grands groupes. »










