Perpignan/Hôpitaux – Nicolas Sarkozy ne convainc pas les médecins catalans
Souhaitant décentraliser les vœux dans diverses villes de France, le chef de l’Etat est venu à Perpignan, ce mardi 12 janvier, présenter ses vœux aux personnels de santé et développer les orientations des réformes du secteur, accompagné de Roselyne Bachelot, ministre de la Santé. Un passage éclair qui a démarré par une visite des services de l’hôpital Saint-Jean de Perpignan, récemment réhabilité. Le président s’est ensuite rendu au Palais de congrès de Perpignan pour un ultime discours devant un public trié sur le volet.
L’hôpital de Perpignan à l’honneur
« L’hôpital de Perpignan est à l’image de notre système de santé. Il vit, il se transforme sans cesse pour s’adapter à l’évolution des besoins d’une population vieillissante et de techniques médicales toujours plus pointues » : C’est par ces mots que Nicolas Sarkozy a démarré son discours au Palais des congrès de Perpignan, suite à sa visite de l’hôpital, qu’il a qualifié « d’établissement de santé moderne » où lui ont été présentés les services des urgences, d’imageries médicales et des dialyses. Présent à ses côtés, Jean-Paul Alduy, bien que n’étant plus le maire de la Ville est resté président du conseil d’administration de l’hôpital a exprimé sa satisfaction sur « la qualité l’accueil qui a été faite au président de la république ». Il poursuit fièrement, « Le président a pu visiter un hôpital qui offre, aujourd’hui, avec ses nouveaux locaux de meilleures conditions de travail et une meilleure qualité d’accueil des patients ». Il ajoute, « cet établissement répond aux enjeux de la réforme de l’hôpital. Il affiche un budget à l’équilibre. Mais, la réhabilitation de l’hôpital va générer de nouvelles charges de fonctionnement, la structure d’établissement est différente aujourd’hui et elle nécessite d’être soutenue par le gouvernement ». Le chef du gouvernement a aussi été informé de la démarche de travail en réseau des établissements de santé requise par la dimension territoriale de la réforme, est déjà engagée à Perpignan. « Nous travaillons avec l’hôpital de Narbonne et développons des relations transfrontalières avec l’hôpital de Gérone et le futur hôpital de Puigcerdà, actuellement en cours de construction », souligne Jean-Paul Alduy.
Soutien à Roselyne Bachelot
« Il faut mettre les points sur les « i » en ce début d’année » déclare le président de la République. « C’est mon devoir de chef de l’Etat de protéger les Français. Je dois agir et décider », poursuit-il affirmant ainsi son soutien à sa ministre de la santé, Nicolas Sarkozy a rappelé les travers des épisodes de la canicule ou encore du sang contaminé. « Dans le cadre du vaccin contre la grippe, le gouvernement n’en a pas trop fait ». Interrogé par La Lettre M à la sortie de l’allocution présidentielle, le Dr Jean-Paul Ortiz, président du syndicat CSMF des P.-O., s’indigne : « En trois mois de vaccinodrome dans les gymnases et une organisation bureaucratique, il y a eu à peine un vaccin sur 10 d’utilisé contre la grippe A. Moins de 5 millions de français ont été vaccinés alors que les médecins, qui ont été évincés du système jusqu’à présent, vaccinent chaque année entre 10 et 14 millions de personnes ».
« La performance n’est pas un gros mot »
Alors que la loi de la réforme sur l’hôpital a été promulguée le 21 juillet dernier, le président a demandé dans son discours à ce que « l’ensemble des décrets soient publié avant le premier anniversaire de la promulgation de la loi ». Celui-ci a évoqué la modernisation de la gouvernance des établissements de santé confiant plus de responsabilités aux directeurs, la souplesse dans la gestion pour plus d’efficience et donc la possibilité de dégager des moyens pour améliorer le service rendu aux malades. « La performance n’est pas un gros mot. Il n’y a aucune raison que l’hôpital n’améliore pas sa performance pour mieux accueillir, mieux soigner, mieux accompagner. Je souhaite que les déficits des hôpitaux soient ramenés à zéro d’ici 2012… Quand un hôpital est en déficit, il ne peut plus investir dans de nouvelles compétences, équipements ou bâtiments ». À travers la réforme LMD visant la revalorisation des personnels infirmiers, le chef du gouvernement a précisé que « le rôle du personnel de santé est primordial dans la réforme de l’hôpital ». Les infirmiers pourront passer en catégorie A avec 2 000 € supplémentaires par an. Mais contrairement aux catégories B, moins rémunérées, ils devront prendre leur retraite à 60 ans, et non à 55 ans.
« On ne peut pas avoir que les avantages de la catégorie A », a ajouté le chef de l’État. Le président n’a pas pu faire l’impasse sur les médecins libéraux, à qui il demande de prendre part plus importante aux soins de premier recours pour désengorger les hôpitaux.
« Solution bureaucratique »
Un axe qui a fait réagir Jean-Paul Ortiz : « La médecine libérale, c’est l’existence même de la médecine. Mais, le président a oublié l’ensemble des médecins spécialisés et ceux issus des hôpitaux privés ou des cliniques privés qui réalisent en région 50 % des actes chirurgicaux et des accouchement, un taux qui atteint 80 % sur les P.-O. ». Nicolas Sarkozy a aussi avancé la solution des centres de santé. « Il me semble que cette solution est bureaucratique et ressemble aux pratiques des pays de l’Est à une certaine époque », réagit le docteur Ortiz. Marcel Hermann, le président du groupe Médipôle Sud Santé, n’a pas caché son mécontentement, jugeant que « la réforme présentée par le président a totalement occulté les hôpitaux et cliniques privées ».










