Perpignan/Élections – Jean-Paul Alduy laisse planer le doute sur sa candidature
« Une décision comme celle-là ne se prend pas à chaud. Je me donne le temps de la réflexion. Je veux en débattre avec mes amis, avec ma famille… Je me donne jusqu’à mercredi ou jeudi prochain pour me prononcer ». Lors d’une conférence de presse, hier, en fin d’après-midi, Jean-Paul Alduy a laissé planer le doute sur sa volonté de se représenter, ou non, aux prochaines élections municipales. Le maire UMP de Perpignan réagissait à l’annulation, quelques heures plus tôt, par le Conseil d’État, des élections municipales de mars 2008, entachées par la fraude dite des « chaussettes ». Le préfet, Hugues Bousiges, a nommé une délégation spéciale de sept personnalités, d’horizon divers, qui seront chargées de gérer les affaires courantes de la Ville et de préparer les nouvelles élections. Cette délégation sera en place dès le 27 avril. Lundi prochain, la Ville de Perpignan ne sera pas gérée par un membre de la famille Alduy pour la première fois depuis 50 ans. Les dates du futur scrutin, qui doit avoir lieu dans les trois mois, ne sont pas encore fixées.« Peut-être faut-il un équipage différent »« Le Conseil d’État n’a mis en cause aucun élu », a constaté Jean-Paul Alduy. « Ni moi-même, ni aucun membre de mon équipe n’avons fraudé. Il exprime un doute et nous condamne au bénéfice du doute. Je trouve cela particulièrement injuste d’être condamné au bénéfice du doute ». Tout en réservant sa décision de se présenter, ou non, au futur scrutin, l’élu a néanmoins ajouté qu’il « ferait tout pour que le couple infernal Bourquin-Amiel Donat ne puisse avoir le Département et la mairie, car derrière la mairie, il y a l’Agglomération ».Plus tard, dans la soirée, Jean-Paul Alduy a confirmé sa position, lors d’un meeting de l’UMP, qui a réuni 1 000 personnes à Pollestres. « Je vous demande d’accepter que je puisse prendre du recul », a-t-il annoncé au public. « En tant qu’humain, j’ai le droit de choisir mon destin. Après l’accident, le marin que je suis pense déjà au sur-accident. Le marin évalue d’abord les dégâts et son équipage. Peut-être faut-il un équipage différent ». Et de conclure, en s’adressant à la salle : « La décision de ce soir, c’est que vous devez tous, vous considérer comme candidat à la mairie de Perpignan ».UppercutsLors du même meeting, les deux parlementaires UMP du département, Daniel Mach, président de la fédération départementale de l’UMP et François Calvet, le secrétaire général, ont tous deux assuré Jean-Paul Alduy de leur soutien.Ancien boxeur, Daniel Mach a balancé des uppercuts sur la façon de gérer la ville à l’avenir. « Nous devons prendre nos responsabilités. La propreté ne satisfait pas les administrés perpignanais, ni l’insécurité. Il ne faut pas attendre que les immeubles tombent. Enfin, il faut modifier l’état d’esprit qui règne dans les quartiers. Je n’ai plus envie de culpabiliser. Les populations qui habitent ces quartiers, souvent elles-mêmes à l’origine des dégradations, doivent s’éduquer ». Selon lui, l’arrêt du Conseil d’État est « injuste et démesuré, mais aussi lourd de conséquences ». Il a appelé les militants à « relever le défi et rester groupé pour voter sans état d’âme. Ainsi, nous conserverons la ville ». De son côté, François Calvet a rappelé l’importance et l’enjeu que représentent l’Agglomération dans le cadre de ces prochaines élections. « En quelques années, nous avons obtenu des résultats. Il est hors de question que la gauche vienne nous les confisquer »a-t-il témoigné.V.C.










