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Pyrénées-Orientales
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Industrie
| 19/05/2014

Perpignan : selon la CGT, EAS Industries risque la liquidation

Le syndicat CGT d’EAS Industries, centre de maintenance aéronautique implanté à Perpignan, confirme, ce 19 mai devant la presse locale, qu’ « un dossier de cessation de paiement sera déposé auprès du tribunal de commerce le 23 mai, pour une décision attendue le 28 mai. » L’information avait été donnée dès vendredi dernier par La Lettre M. Selon Frédéric Duhamel, membre du comité d’entreprise CGT, « nous attendons que le tribunal de commerce statue, soit pour une liquidation avec effet immédiat, soit pour une liquidation avec continuité d’activité de trois mois pour trouver un potentiel repreneur. » Le plan de charge de l’entreprise, qui emploie 274 salariés qualifiés B1, B2 (or intérim), est estimé à 3 mois. « Nous avons six chantiers en cours. L’activité est là, nous avons des clients pour les gros porteurs en Amérique du Sud, en Chine, au Maghreb… On n’est même pas assez nombreux et on manque de matériel. » L'entreprise s'est engagée dans un plan de recrutement d'une trentaine de contrats de professionnalisation de techniciens aéronautiques, avec une formation assurée notamment par le centre de formation Itema, situé non loin d'elle, qui pourrait être impacté par une éventuelle liquidation.
Un repreneur
« Cela fait plusieurs mois qu’on nous ballade avec un éventuel repreneur, poursuit Fabien Vrignaud, délégué du personnel. On se sent orphelin de l’actionnaire majoritaire, qui avait promis d’injecter 2 M€ en 2013 pour recapitaliser l’entreprise. Les salariés ont fait preuve de souplesse, les salaires ont été gelés… » « Le problème, c’est que nos actionnaires sont surtout des financiers », indique l’un des représentants syndicaux. Des négociations engagées entre l’actionnaire majoritaire, la société Clémenceau, et un investisseur du Moyen-Orient, auraient échoué. Selon eux, cette démarche de liquidation favoriserait « une reprise à moindre frais », mais ils entendent rester vigilant sur les éventuels dossiers de repreneurs qui seront présentés à la barre du tribunal de commerce.
Le risque de perdre l’agrément
Frédéric Duhamel ajoute que « si une liquidation à effet immédiat était prononcée, l’entreprise perdrait son agrément à un moment où elle est devenue un acteur de premier plan au niveau européen, face à des concurrents tels que la Chine et les pays low-cost, comme la Bulgarie ou la Turquie… » Les représentants syndicaux de l’entreprise indiquent être « dans l’action pour préserver leur outil de travail » et vont « mobiliser l’ensemble des forces politiques et économiques locales mais aussi, le préfet ou encore Arnaud Montebourg, ministre de l’économie et du redressement productif. Pour l’heure personne n’a bougé. »
Des difficultés qui s’enchainent
Selon les représentants du personnel, cette situation s'explique par « un redressement judiciaire de 2006 qui a débouché sur un plan de continuation pour 10 ans, auquel se sont greffés les problèmes engendrés par le retard du chantier du hangar, mais aussi des erreurs de gestion. » Selon les syndicalistes, « l’entreprise aurait signé un moratoire lui permettant de reporter et d’étaler le remboursement de l’année 2013, soit 0,6 M€, du plan de continuation jusqu’en 2016. » Au total, il resterait à l’entreprise à rembourser près de 3 M€ pour clôturer son plan de continuation.
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