Pyrénées-Orientales
Energies
Perpignan : Saint-Charles relance son projet de centrale photovoltaïque

Saint-Charles 2.0 est le nouveau projet solaire que le pôle économique Saint-Charles entend développer auprès des entreprises implantées sur la zone d’activité perpignanaise. « Nous avons travaillé durant trois ans sur le projet de centrale photovoltaïque Saint-Charles 2, qui a malheureusement avorté suite au moratoire. Avec Saint-Charles Solaire 2.0, nous avons l’ambition de relancer ce projet à travers un nouveau modèle économique et solidaire », explique, ce 10 septembre, Jacques Font, président du Pôle économique Saint Charles, à l’occasion de la présentation du projet. « Nous allons nous appuyer sur la notion d'autoconsommation et la maîtrise de l'énergie solaire produite. Les 43 propriétaires représentant 90 000 m2 de toits à couvrir de panneaux photovoltaïques seraient à nouveau partants. »
Une hausse inévitable du prix de l’électricité
Même si l’instabilité règlementaire persiste, le conseil d’administration du PESC entend anticiper les hausses prévues du coût de l’énergie électrique, soit + 30 % d’ici 2016 (source : la Commission de Régulation de l'Energie) et 50 % d’ici 2020 (source : Sénat). « Aujourd'hui, le tarif d'achat du kWh solaire pour des installations intégrées simplifiées entre 36 et 100 kWc (360 et 1 000 m²) ne dépasse guère 0,17 €/kwh. Il devrait même être revu à la baisse prochainement », indique André Joffre, à la tête du bureau d’études perpignanais Tecsol qui, après une analyse du marché, voit une opportunité à saisir : « Le prix de l’électricité va s’accroître, alors que les prix des modules photovoltaïques ayant été divisés par 3 ces derniers mois, on peut penser que l’on va très vite atteindre la parité réseau. C'est-à-dire le moment où l'électricité solaire sera au même prix que celle du réseau. L'autoconsommation devient alors une évidence. Nous allons être les premiers en France à l'expérimenter à grande échelle sur ce projet collectif Saint-Charles 2.0 », indique André Joffre.
Autoconsommation
Dans les faits, les propriétaires exploitants vont utiliser l'électricité solaire pour leur activité, les propriétaires bailleurs pourront la revendre à leur locataire. « On sort d'une logique financière appuyée par des fonds de pension pour aller vers une logique plus entrepreneuriale, plus patrimoniale qui nous a amené le soutien de l’Ademe et de la Région L-R », constate-il.
« Avec ce modèle, nous sommes fidèles aux modèles des circuits courts développés dans l'agriculture », complète Jacques Font. Des réunions ont déjà eu lieu avec des propriétaires sensibles à cette approche. « Des études vont d’abord être menées pour connaître les consommations des bâtiments dans le but de maîtriser l'énergie. L’équipement solaire sera ensuite dimensionné au plus juste en fonction de l’activité. Des bureaux n’ont pas la même consommation qu’un entrepôt frigorifique. Le but est d’arriver à produire ce qui est consommé » explique André Joffre. La prochaine réunion avec les propriétaires du PESC se tiendra début octobre. Les études financées par l'Ademe à 50 %, voire 75 %, devraient s'échelonner jusqu'au début de l'année 2013. L'année 2013 sera celle de la réalisation du projet. Les investissements devraient être soutenus par la Région via le fonds Feder et sont garantis par la Banque Européenne d'Investissement qui a mis à disposition un fonds de 400 M€ en partenariat avec des banques régionales (Banque Populaire du Sud, la Caisse d'Epargne et le Crédit Agricole Sud Méditerranée). « A travers notre démarche collective et avec l'effet d'échelle induit, nous devrions obtenir de bons prix sur le matériel et pour les travaux pour lesquels nous privilégions les entreprises locales », précise Jacques Font.










