Pyrénées-Orientales
BTP
Perpignan : liquidée, Fourcade accuse EAS

En fin de matinée, la fédération du bâtiment des P.-O., la CCIT, l’UPE 66 et de nombreux professionnels du bâtiments sont venus soutenir Philippe Fourcade et ses 35 salariés devant le hangar d’EAS. Cette entreprise familiale du bâtiment (créée par le grand-père Marcel Fourcade) a été liquidée ce matin par le tribunal de commerce. « L’entreprise était en redressement judiciaire depuis 2009 faute à la crise. Nos efforts nous ont permis d’obtenir un plan de continuation en juin dernier. Mais, je savais que le moindre problème pourrait nous être fatal, c’est le cas aujourd’hui. Nous sommes liquidés », déplore Philippe Fourcade, le dirigeant, à qui le tribunal de commerce aurait annoncé « avoir peut-être une solution de reprise. » En 2007, l’entreprise réalisait un CA de 6 M€. En 2009, il a chuté à 2,3 M€ (42 salariés).
35 emplois supprimés
La fin prématurée de l’entreprise Fourcade a suscité émoi et indignation dans la profession. Certaines entreprises locales comme Fondeville, Grabolosa et bien d’autres ont affiché leur solidarité. « L’entreprise et ses salariés ont fait des efforts pour maintenir l’activité malgré la crise, les prix tirés vers le bas et l’absence de reprise, estime Jean-Jacques Planes, président de la fédération du bâtiment. Ce qui est plus grave, c’est que l’entreprise EAS prend en otage les entreprises locales en ne payant pas les travaux réalisés, prétextant une perte d’exploitation liée à construction du hangar qui a subit la tempête de décembre dernier. Ce qui compte, c’est la réalité pour les 35 salariés et leurs familles qui vont se retrouver sans rien. Hier, j’ai participé à une réunion de concertation durant trois heures, nous n’avons obtenu aucune réponse. » Il a aussi annoncé « qu’une action en justice sera lancée dès cet après-midi. » Selon la fédération du bâtiment, ce sont près de 300 salariés qui seraient concernés par ce seul cas de non paiement.
Un défaut de paiement de 800 000 € par EAS
Selon Philippe Fourcade, EAS « nous doit plus de 100 000 € sur les 270 000 € d' impayés que nous cumulons, cela étrangle notre trésorerie. Nous ne sommes pas les seuls, d’autres entreprises locales subissent le même sort. Le montant global atteint près de 800 000 €. » Torras, Pomès, Faucher, David Sud Dallage et Caminal (sous-traitant de Fourcade) seraient également concernées. René Sabaté, dirigeant de Caminal (35 salariés), est inquiet : « Ce qui se passe avec EAS est récurrent. Depuis septembre, nous subissons des reports d’échéances ou des non paiements de la part de nos clients. Cela se répercute sur nos fournisseurs car nos trésoreries sont étranglées par la crise qui dure. Nous avons à peine deux mois de commandes devant nous et nous avons baissé nos prix de 50 %. Ce n’est plus tenable. » Pour le président de la FFB, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. « EAS et ses 250 salariés profitent de la fragilité de cette entreprise pour tuer l’entreprise Fourcade. Ce qui se passe est inadmissible, ils perturbent l’économie locale et notre secteur qui ne va pas délocaliser ses 6 000 emplois contrairement à eux. Pour construire son hangar, EAS a accumulé des subventions et elle ne paie pas les entreprises. EAS peut avoir des problèmes avec ses assurances mais cela n’a rien à voir avec les entreprises qui ont réalisées les travaux. Les collectivités sont complices de ce qui se passe. » La construction du hangar (8 000 m2, 11 M€) a bénéficié de l’aide de l’agglomération de Perpignan (0,1 M€), de l’Europe (0,7 M€), de l’Etat (0,7 M€), de la Région (0,05 M€) et du département (0,05 M€).










