Les 22 salariés de Perpignan (17) et de Portbou (5) de la société de transport combiné rail-route Novatrans, exploitant le chantier de transport combiné zone Saint-Charles, attendaient beaucoup de la table ronde qui s'est tenue le 8 juin à la demande de Frédéric Cuvillier, nouveau ministre des Transports. La filiale de la SNCF-Géodis, (CA : 86,8 M€, 257 salariés) est actuellement en difficultés, avec 18,6 M€ de pertes. Le nouveau ministre a souhaité reporté la date du conseil d’administration (prévu le 8 juin) au lendemain des législatives. « Cette table ronde devait réunir les représentants des salariés, l’Etat, RFF, les transporteurs routiers (FNTR-GNTC), le groupe SNCF-Géodis, Fret SNCF et les autorités de la concurrence pour examiner toutes les solutions possibles visant à assurer la pérennité de l'entreprise, indique Sébastien Sanchez, délégué du personnel de Novatrans à Perpignan et délégué syndical Sud Rail. Finalement, nous avons été reçus uniquement par Pierre Blayau, directeur général du groupe SNCF-Géodis, qui nous a demandé ce que l’on avait à dire. Or, en interne, nous avons le sentiment d’avoir déjà joué toutes les cartes. Nous avons donc claqué la porte. »
Décision politique
« Sans décision politique, l’avenir du transport combiné est obscur. » Toutefois, l’espoir d’un « repreneur sauveteur » est annoncé comme la dernière chance pour Novatrans. « C’est Zorro, nous ne connaissons pas son identité », précise le délégué, jugeant peu crédible la capacité d’un repreneur à assumer les contraintes de recapitalisation, de développement et de croissance. « Si les modalités du Grenelle de l’environnement avaient été respectées, l’entreprise n’en serait certainement pas là », indique Sébastien Sanchez. Ceux-ci prévoient de faire évoluer la part du fret non routier de 14 à 25 % d’ici à 2022. Selon Sébastien Sanchez, « l’arrêt de l’activité de Novatrans c’est 500 000 camions supplémentaires sur les routes, 450 000 tonnes de CO2 et le report massif de matières première dangereuses du fer sur la route. »
Les salariés sur le carreau fin 2012 début 2013
Dans un communiqué, l’ensemble des représentants du personnel (FO, Sud Rail, CFDT, CFE-CGC, CGT) s’inquiète « du peu d’intérêt que suscite l’affaire Novatrans, première entreprise française de transport combiné » et précise : « Le report du conseil d’administration juste après les législatives donne un signal de mauvais augure sur l’avenir de Novatrans. » Les syndicats estiment que si rien ne bouge, les salariés se retrouveront sur carreau « fin 2012 - début 2013 ». Pour l’heure, « aucune date n’est fixée concernant le conseil d’administration. La direction de Novatrans a proposé un reclassement possible à la SNCF, une proposition conformée par le ministre » indique Sébastien Sanchez, qui confirme que des négociations sont en cours.