Patrick Ceccotti table sur une baisse de l’activité de 10 % en 2010
Patrick Ceccotti, président de la Fédération du Bâtiment de l’Hérault, a déclaré tabler en 2010 sur une baisse de l’activité d’environ 10 % dans l’Hérault (contre 6 % en 2009), mardi soir lors d’une conférence de presse en marge de la présentation de ses vœux.
Les deux principaux motifs d’inquiétude, selon lui : la poursuite de la baisse des prix pratiquée par les entreprises – « environ 10 %, parfois jusqu’à 20 % » - et la montée en puissance de systèmes de sous-traitance, « pas forcément illégaux, mais représentant une forme de concurrence déloyale, car ne participant pas à l’économie globale et ne créant pas d’emplois ». Ces organisations ont recours, d’après Patrick Ceccotti, à de la main-d’œuvre étrangère (Portugal, Maghreb, Europe de l’est) et proposent une prestation globale à l’entreprise. « Alors que de notre côté, nous formons, nous insérons, nous payons des impôts. Un salarié nous coûte 25 euros de l’heure. Ces concurrents proposent 18 euros de l’heure ! »
D’après lui, une dizaine de dossiers seraient « litigieux. Nous lançons des investigations pour essayer de comprendre les rouages. C’est scandaleux de voir qu’on peut proposer de la main-d’œuvre au deux tiers de ce que nous revient la nôtre. Il y a de plus en plus de ce type d’organisations. Certains de mes confrères reçoivent des offres de ces organisations par fax. Ces entreprises répondent à des appels d’offres. Le problème, c’est quand le client ne va pas voir plus loin et traite avec ces entreprises », qui ne paieraient pas le même niveau de charges et ne respecteraient pas les règles d’hygiène et de sécurité sur les chantiers. Patrick Ceccotti en appelle à mots couverts à un « protectionnisme local. Nous sommes une région d’accueil, ça nous va bien, mais pas à n’importe quel prix et n’importe comment. »
Appel à la socioresponsabilité
« Je suis très inquiet pour les PME locales, coincées entre l’agressivité de ces organisations, de plus en plus actives dans le gros-œuvre, et le diktat du moins-disant », a-t-il poursuivi. En 2009, 5 % de l’emploi salarié dans l’Hérault (1 000 sur 20 000) a été détruit. « D’ordinaire, nous enregistrons environ 220 défaillances d’entreprises du bâtiment chaque année dans l’Hérault. En 2009, il y en a eu 285. 85 % d’entre elles sont directement liquidées. »
Devant un parterre de décideurs, le premier vice-président de la CCI de Montpellier a lancé un nouvel appel à la « socioresponsabilité » des maîtres d’ouvrage publics et privés dans la dévolution des marchés. « Les prix bas entraînent la destruction des entreprises et dans tous les cas, ils détruisent l’emploi. » En clair, il invite les donneurs d’ordres à privilégier le mieux-disant, « et pas systématiquement le moins cher ». Les enjeux du développement durable (BBC dans le neuf et rénovation énergétique dans l’ancien) constituent une lueur d’espoir à compter de 2011. La FFB lance d’ailleurs, au niveau national, le label Les Pros de la performance énergétique, dans la foulée de l’écoartisan de la Capeb.










