Olivier Fabregoul (Nîmes Métropole) : "Notre cheval de bataille, c’est l’emploi"
Foncier, crise sanitaire, aéroport…Olivier Fabregoul, vice-président de Nîmes Métropole, délégué au développement économique, passe en revue, auprès de La Lettre M, les dossiers phares de l’Agglo en matière de développement économique.
Quels sont les dossiers prioritaires de Nîmes Métropole ?
Olivier Fabregoul : J’ai constaté que notre organisation, avec nos antennes satellites, n’est pas toujours comprise par les entreprises. Il faut un guichet unique, une communication unifiée avec un parcours-client. Ainsi, nous allons essayer d’intégrer l’agence Openîmes au sein de Nîmes Métropole. Nous allons aussi élargir son champ d’action. Actuellement, Openîmes intervient dans deux domaines - la sécurité civile et les dispositifs médicaux - nous prévoyons d’ouvrir l’agence à l’agroalimentaire et au tourisme. Nous n’effaçons pas tout le travail qui a été fait, nous le poursuivons et le renforçons. Le maître-mot est l’efficacité.
Quelle est l’attractivité du territoire ?
Nous sommes sollicités par les entreprises. Nous avons plus de demandes à traiter que d’offres. Actuellement, nous comptons quatre grands projets exogènes et une dizaine, plus petits, endogènes. Nous souhaitons limiter la part d’activité logistique dans les zones d’activités. Nous privilégions les projets permettant de créer le plus de postes. Notre cheval de bataille c’est l’emploi.
Le foncier se fait rare dans l’Agglo, que faites-vous pour répondre à ces demandes ?
Il est vrai que la zone d’aménagement concerté Magna Porta ne sera pas commercialisée avant 2023/2024. Elle comprendra toutefois quarante à cinquante hectares pouvant accueillir des entreprises. Nous sommes déjà en contact avec plusieurs sociétés intéressées. Le Mas Larrier, projet le plus avancé de la Zac (hormis la gare déjà opérationnelle, NDLR), comprend 250 m2 destinés aux entreprises. Les premières implantations y sont prévues en 2021.
Par ailleurs, nous disposons encore de foncier. Au sein de l’Actiparc de Bouillargues, il reste encore des lots, environ quatre hectares disponibles à commercialiser. Dans la zone Mitra, nous disposons encore de vingt hectares disponibles. Certes, sur quasiment l’intégralité de ces parcelles, nous avons des projets en cours mais ils ne sont pas encore actés. Sans oublier bien sûr, le Marché gare à l’entrée de Nîmes. Plusieurs années vont être nécessaires pour la réhabilitation de cette zone de vingt hectares, qui comprend 35 000 m2 de bureaux, 35 000 m2 dédiés à l’agroalimentaire et 2 000 m2 aux commerces.
Quid de l’aéroport de Garons, dont l’activité touristique n’est maintenue que par la présence de la compagnie RyanAir… ?
L’Agglo souhaite développer à la fois la partie industrielle et le développement de lignes aériennes. Avant la Covid-19, l’aéroport recevait environ 230 000 passagers par an. Cette année, nous devrions arriver à 70 000 passagers. À terme, nous espérons atteindre le seuil de 300 000 passagers. Franck Proust (président de Nîmes Métropole, NDLR) prévoit de se coordonner avec les aéroports de Montpellier et Marseille de façon à optimiser les flux (de vols et de passagers, NDLR).
Pour ce qui est de l’activité industrielle du site qui réunit déjà environ 650 emplois en lien direct avec la piste (1 200 en incluant les emplois indirects) et plus d’une vingtaine d’entreprises, nous avons poursuivons les projets de rénovation et construction de hangars. Actuellement, trois entreprises déjà basées sur la plateforme aéroportuaire ont des projets d’extension et, en exogène, une entreprise a pris contact avec nous pour s’y installer. L’actuel délégataire pour la gestion du site est Edeis. Un contrat transitoire pour cette délégation de service public sera conclu pour l'année 2021 et la DSP fera l’objet d’un renouvellement effectif début 2022.
Que fait Nîmes Métropole pour accompagner les entreprises en difficulté en raison de la crise sanitaire ?
L’Agglo prend en charge un tiers de la cotisation foncière des entreprises (CFE) dans les secteurs de l’hôtellerie, restauration, cafés, tourisme, événementiel, sport et culture. L’État assume un autre tiers de la CFE. Reste donc à ces quelque 800 entreprises identifiées sur notre territoire, un tiers de leur CFE à payer. Cette mesure représente un effort 600 k€ pour Nîmes Métropole. Dans le cadre du fonds de solidarité, créé par l’État et la Région Occitanie, nous traitons 1 200 demandes d’entreprises sollicitant une aide à la trésorerie non remboursable. Cela devrait représenter pour la collectivité 1,8 M€. Nous participons aussi au fonds régional L’Occal pour soutenir le tourisme, le commerce et l’artisanat. Nous avons prévu un budget de 3 € par habitant, soit un total de 774 k€. Ce fonds devrait être élargi à d’autres secteurs et prolongé.










