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Languedoc-Roussillon
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Communication - Médias
| 27/09/2018

Olivier Biscaye (Midi Libre) : « La presse quotidienne régionale n’est pas morte. »

Arrivé il y a six mois au sein de la rédaction du journal quotidien régional Midi Libre (Groupe La Dépêche), Olivier Biscaye, nouveau rédacteur en chef, présente le 25 septembre au Club de la Presse de Montpellier son plan Conquête 2020 pour Midi Libre. Ce Carcassonnais de 41 ans, qui se définit comme un pur produit de la PQR (presse quotidienne régionale), entend faire bouger les lignes. Extraits.

« Faire passer le titre au plurimédia »
« Il s’agit d’une véritable aventure autour de la transformation éditoriale du journal, des équipes et de l’organisation. Mon objectif est de faire passer le titre au plurimédia (le fait d’utiliser simultanément plusieurs canaux de médias, NDLR). Il ne s’agit pas seulement d’un projet numérique. Je rappelle que 100 000 exemplaires papier sont vendus certains jours. Notre objectif est d’être là où sont les gens : smartphone, site internet, papier… Tout cela dans un contexte de restriction budgétaire où les départs ne seront pas remplacés, et avec un chiffre d’affaires publicitaire en baisse. On ne va pas faire plus. On va faire différemment. Il ne s’agit pas simplement de refaire la façade ou de proposer une nouvelle formule. »

« Faire des choix éditoriaux »
« Nous avons tout remis à plat : l’organisation du journal mais aussi la façon de faire les choix éditoriaux. On croyait que tout couvrir permettait de toucher tout le monde. Le résultat des ventes prouve que ce n’est pas le cas, nous sommes à -5 %. En couvrant tout, on ne fait pas de choix éditoriaux. La question est : comment couvrir une info sur l’ensemble de nos supports, avec l’ensemble de nos outils. On fait des choix. Il y a des conférences de presse sur lesquelles on ne va plus, qu’elles soient politique, économique, sociale ou culturelle. Soit elle n’a pas de sens en compte-rendu, soit on la traite en faisant une info chiffrée ou un Facebook live, comme sur le prélèvement à la source dernièrement. Un programme de formation des journalistes, en particulier sur la vidéo, l’utilisation du live, écrire pour le web…, est prévu. »

« Développer l’abonnement »
« Notre stratégie est de développer l’abonnement. En termes d’abonnement numérique, l’objectif est de passer des 4 500 abonnés actuels à 8 500 d’ici à 2020. Nous comptons 42 000 abonnés au papier. Nous devons développer une offre abonnés avec des services proposés derrière pour la valeur ajoutée. On sait que le tunnel de conversion entre une première visite gratuite sur un site et le moment où on s’abonne est de 10 mois minimum. L’objectif est de traquer l’internaute. C’est très long. Au Midi Libre, nous avons opté pour l’abonnement à l’année et non pas l'achat à l’article. La stratégie de l’abonnement est celle qui fidélise, sur le long terme. La Dépêche du Midi à Toulouse va bientôt en faire de même. »

« Consommer la ville »
« En termes de contenu, je veux que nous 'consommions la ville', avec des infos pratiques. Des gens nous ont quittés parce que nos contenus ne correspondaient pas à leurs attentes en infos utiles et pratiques, ainsi qu’en termes d’explication de l’actualité. Quand je vois des placards de compte-rendus d’audiences, je me pose des questions. Nous affichons des ventes en baisse de 5 % et certains nouveaux arrivants à Montpellier ne savent même pas que nous existons ! Si on veut être référent média dans une région, il faut se remettre en question. Une nouvelle population d’actifs doit être captée et nos éditions ne répondent pas forcément à leurs attentes. Ils veulent des informations pratiques et utiles. »

« Il faut aller chercher des revenus »
« Il y a désormais une plateforme Midi Libre avec du papier, de l’application, de la tablette, du site internet, des réseaux sociaux. On ne peut pas faire du contenu sans se poser la question de ce que cela rapporte. Que mettons-nous en place pour aller chercher des abonnements ou de l’audience ? Il faut aller chercher des revenus. Je travaille beaucoup le décloisonnement, sinon on sera chacun dans notre petit coin et on va tout perdre. Les projets doivent rapporter de l’argent. C’est la raison pour laquelle tout projet regroupe l’éditorial, la pub, la promotion/marketing et la direction des système d’information. Si on veut lancer une newsletter par exemple, il faut le service marketing autour de la table. D’ailleurs, début octobre, nous lancerons un flux d’info Santé en région. L’événementiel est aussi un nouveau métier pour nous. »

Nelly Barbé / barbe@lalettrem.net
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