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Midi-Pyrénées / Languedoc-Roussillon
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Institutions
| 18/05/2015

Nouvelle région, campagne électorale et équilibre entre métropoles : la réforme territoriale vue par ses acteurs

Quelle efficacité des services publics dans la future grande région ? Quelles perspectives de complémentarités ? Le LR et Montpellier risquent-ils de perdre beaucoup ?
Extraits des débats qui se sont déroulés ce lundi après-midi à Toulouse Business School, lors d'un colloque organisé par notre confrère Objectif News / Objectif LR / La Tribune. 

Jean-Luc Moudenc, maire UMP de Toulouse et président de Toulouse Métropole
« Comment assurer l’équilibre en garantissant l’efficacité des services publics ? »

« On aurait aimé que le débat ait lieu avant la décision. On sera en porte-à-faux, comme d’habitude, puisque nos concitoyens vont nous demander notre avis.
La réforme territoriale est là, devant nous. Il ne s’agit pas de savoir si on est pour ou contre. Notre seul objectif, c’est de réussir les choses, et que nos territoires tirent le meilleur parti de la nouvelle donne institutionnelle. Il nous faut être attentif au principe d’équilibre.
si une a le sentiment de perdre, et l’autre de gagner, ça ne marchera pas, et celle qui a l’impression de gagner ne gagnera pas à la fin.
Comment assurer l’équilibre en garantissant l’efficacité des services publics ? C’est un véritable défi à la créativité administrative.
Il faudra un équilibre entre les métropoles et la Région. Ce sont les deux vedettes de la réforme territoriale. Les attributions actuelles et futures de ces collectivités sont d’une importance fondamentale. La réforme sera réussie si, in fine - les débats sont encore en cours au Parlement -, la loi organise bien l’équilibre entre la Région et les métropoles. S’il n’y a pas de coécriture, alors on installera la guerre, entre les métropoles d’un côté, et la Région de l’autre. »

Alain di Crescenzo, président de la CCI de Toulouse
« Des délégations LR invitées à chacune de nos manifestations »

« Logistique, aéronautique, agriculture, spatial… la future région a de nombreux atouts. Exemple de l’aéronautique, que je connais bien : on a un problème d’ingénierie de production, on n’a pas assez de ressources en MP. Bienvenue au LR ! Il y a une complémentarité entre les pôles de compétitivité Derbi et Eau. Nous avons aussi une carte à jouer sur le numérique, avec nos clusters et nos métropoles, toutes deux labellisées French Tech. En santé, chacun de notre côté, nous frôlons l’excellence. Il y a par ailleurs 220 000 étudiants à la disposition de nos entreprises : c’est extraordinaire.
La CCI de Toulouse invitera des délégations du LR : salon du Bourget (mi-juin), Forum Destination Internationale (7 juillet à Toulouse), forum économique de Toulouse, où une table ronde sera intitulée "comment transformer l’essai sur un match à 13 ? (13 départements, NDLR)",… La création d’un club d’entreprises sur l’axe MP-Méditerranée est en projet. L’économie n’a pas de frontière, il faut garder présent à l’esprit que la concurrence est internationale, pas intérieure à nos nouvelles frontières. »

Pierre de Bousquet, préfet de la région LR
« 1 + 1 doit faire 1 »

« Cette réforme n’a pas été faite pour faire des économies, elle a d’abord été faite pour donner une capacité de compétitivité plus forte à nos régions, qui jouent aujourd’hui dans un jeu mondial, face à Paca, ou la Catalogne en Espagne.
La préoccupation d’équilibre est légitime. Mais il est à concevoir sur l’ensemble du territoire, pas uniquement entre Toulouse et Montpellier. Je pense aux 13 départements. Dans l’Aveyron ou l’Aude, la moitié des gens sont orientés vers Toulouse et l’autre vers Montpellier. Leur souci, ce n’est pas Montpellier ou Toulouse, mais le projet de cette nouvelle région. Au final, 1 + 1 doit faire 1. »

Martin Malvy, président PS de la Région MP
« Il y aura des directions de services à Montpellier »

« Les débats institutionnels ne passionnent pas la foule et ne concernent que les spécialistes. Ce qui m’inquiète aujourd’hui, c’est qu’on a l’impression que les problèmes institutionnels prennent le pas sur l’intérêt que peut générer cette réforme instaurant cette nouvelle grande région. Cette grande région sera riche de 200 000 étudiants, de 45 000 chercheurs. Ce sera une très grande région d’agroalimentaire (bio, blé dur, ovins, vin), et nous sommes le territoire national qui attire le plus de nouveaux habitants. Que va-t-on faire de mieux pour l’emploi, pour l’économie, le développement, les start-up ? On a besoin des métropoles, sièges de la recherche, des aéroports, des entreprises. Mais les métropoles pèsent 25 % de la population du territoire. Il faut parler des agglos de Montauban, Rodez, Tarbes, Perpignan, Béziers…
Il y aura des directions de services à Montpellier. Qui peut imaginer qu’il n’y aura pas d’équilibre ? Quelles directions, je ne peux pas le dire aujourd’hui. Il y a de l’aéronautique en LR : nanosatellites à Montpellier, Esma à Mauguio, maintenance aéronautique à Perpignan. Et, enfin le MP aura accès à la mer ! Je l’ai toujours souhaité. Je le disais du temps de Jacques Blanc, pas du temps de Frêche car je craignais de me faire insulter (rires dans la salle). »

Damien Alary, président PS de la Région LR
« Je veux que toutes les décisions soient prises à Montpellier »

« On est la seule région en France qui comptera deux métropoles. Si la capitale politique est à Toulouse, et ça devrait être le cas, je veux que l’ensemble des décisions du prochain conseil régional soient prises à Montpellier, avec la présence du Ceser à Montpellier (rires dans la salle). C’est ça l’équilibre. Cette nouvelle Région, dans l’équilibre, réussira sans vainqueur et sans vaincu. Je rencontre François Hollande le 9 juin. Je lui demanderai ce que je viens de vous dire (à nouveau rires dans la salle). »

Philippe Saurel, maire DVG de Montpellier et président de Montpellier Méditerranée Métropole
« Je réfléchis à la Région avec passion »

« Je n’ai pris aucune décision quant à une candidature aux régionales*. J’y réfléchis avec passion. Il y a trois points distincts : les relations entre les métropoles de Toulouse et Montpellier, la grande région pour laquelle il faut un vrai programme (booster l’éco, un TGV entre Toulouse et Montpellier, réfléchir ensemble à l’international), et l’élection régionale.
Que tous les candidats à l’élection régionale, et tous les préfets, recteurs, préfigurateurs…, soient de MP, je trouve que ça fait beaucoup. Il faut un projet général, global, je voterai pour celle ou celui qui sera capable de le porter. L’élection, c’est une petite présidentielle. Elle en a le format. Mesurez-en l’importance. Il faut une nouvelle forme de gouvernance, plus pragmatique, moins idéologique, qui ne soit pas faite par des commentateurs, des apparatchiks (se tournant vers Dominique Reynié, présent dans la salle, NDLR). »

* Philippe Saurel a donné une conférence de presse avec les journalistes toulousains ce lundi midi.

Pascal Mailhos, préfet préfigurateur de la nouvelle grande région LR/MP
« Le triangle Toulouse-Montpellier-Barcelone est le triangle de nos victoires futures »

« J’ai créé un groupe miroir, avec cinq chefs d’entreprises de chaque région, pour qu’ils contrôlent l’avancée de la mise en forme de la réforme.
Il ne s’agit pas, dans un match infini, de dire qui gagne et qui perd. Il ne doit y avoir ni vainqueur ni vaincu. Il doit y avoir un vainqueur, et le vainqueur c’est la grande région. Je n’oublie pas Perpignan, Nîmes, et d’autres villes importantes qui ne souhaitent pas être oubliées. Le triangle Toulouse-Montpellier-Barcelone est le triangle de nos victoires futures. »

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