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Hérault
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Tourisme - Loisirs
| 23/05/2022

« Nous espérons remporter trois marchés liés aux JO 2024 »

Alors que le Festival international des sports extrêmes (Fise) va se tenir à Montpellier du 25 au 29 mai et attend 600 000 spectateurs, son fondateur Hervé André-Benoît réalise un point sur l’activité de sa maison mère Hurricane effectuant de la conception et de la fabrication d'événements sportifs. Le dirigeant revient sur la stratégie de diversification du groupe héraultais sur les dernières années et sur ses ambitions olympiques à venir.

La Lettre M - Comment se porte Hurricane ?

Hervé André-Benoît - Notre chiffre d’affaires prévisionnel s’établit à 11 M€ pour l’année 2022, alors que nous tablions sur 16 M€ en début d’année. Hélas, trois évènements Fise World séries ont été annulés : un au Japon, un en Chine et un en Russie, à Moscou. Ce qui correspond à un manque à gagner de 8 M€. Le Covid nous a néanmoins permis de nous diversifier et de développer des filiales. Notamment Print Event, œuvrant dans la signalétique et la communication, qui vient de dépasser les 2 M€ de chiffre d’affaires en 2021 et atteindre 2,7 M€ en fin d’exercice. Cette filiale œuvre dans la vitrophanie, l’habillage de stands, avec des clients importants comme Kering Eyewear. Nous avons aussi réalisé tout l’habillage du Club France lors des Jeux Olympiques. Ce qui rassure les prochains futurs clients. Nous sommes passés de trois à vingt salariés en trois ans, sur cette nouvelle structure. Au total, le groupe Hurricane compte sur 80 collaborateurs, dont 70 à Baillargues (34).

Cette année le Fise va être financé à hauteur de 400 k€ en fonds propres. Pourquoi ?

HAB - La crise sanitaire a ralenti les choses. En général, Il nous faut 12 à 24 mois pour nouer de gros partenariats, dans le cadre d’une stratégie nationale voir internationale de marque. Ce genre de décision est prise au mois de septembre de l’année d’avant. Malheureusement, nous n’avons eu une visibilité qu’à partir du mois de janvier. Ce pourquoi nous avons investi en fonds propres pour monter l’évènement tel que l’on voulait. Le budget pour cette édition 2022 sera de 3 M€, dont un tiers pris en charge par les collectivités, soit 800 k€. Ce budget s’élève à 2,5 M€ avec l’apport de nos partenaires privés. D’où la nécessité d’abonder en fonds propres.

Quelles sont vos ambitions pour les prochains Jeux Olympiques de Paris ?

HAB - Nous nous sommes installés dans des bureaux à Paris dans la tour Montparnasse depuis septembre, avec trois collaborateurs. Et ce, avec un axe principal : Paris 2024. Nous répondons régulièrement aux différents marchés. Nous avons ciblé huit à dix marchés et nous espérons en remporter trois. Nous avons développé une expertise depuis les Jeux Olympiques de Tokyo. Nous sommes aussi en discussion avec les parties prenantes de Los Angeles 2028. Nous avons aussi vendu un parc en Australie dans l’optique des jeux de Brisbane 2032.

Quid de votre installation à Los Angeles ?

HAB - Nous sommes toujours dans l’étude de cette opportunité. Reste à voir sur quelle voilure car le marché américain reste très fermé et très coûteux. Nous essayons aussi de nous adosser à un partenaire assez puissant. Un bureau sera ouvert à Los Angeles, mais reste à voir à quel rythme. Soit un investissement annuel de 80 k€ ou de 300 k€. Ces décisions seront prises d’ici septembre.

Où en est votre activité de fabrication d’équipements sportifs ?

HAB - Nous avons équipé le parc BMX aux derniers JO de Tokyo. Vu le contexte lié aux approvisionnements nous accentuons la production à Baillargues. Depuis dix ans la valeur de nos parcs a décuplé pour passer à 400 k€. Depuis ces trois dernières années nous avons vendu une vingtaine de grands parcs. Deux en France, cinq en Chine, quatre au Japon, deux en Australie. Notre activité de Pump Tracks, sur les enrobés en goudron, se développe aussi à niveau mondial et connaît une croissance annuelle de 30 %. Nous avons lancé aussi récemment une marque d’obstacle et de parcours.

C’est-à-dire ?

HAB - Nous nous sommes associés au groupe ABEO en février, acteur mondial dans la fabrication d’appareils de gymnastique et d’agrès. Celui-ci réalise 250 M€ de chiffre d’affaires. Ce partenariat vise à produire, développer et commercialiser le Parkour, une discipline qui pourrait devenir olympique, avec de beaux prévisionnels là-dessus. De l’ordre de 5 à 6 M€ de chiffre d’affaires la première année.

Pourquoi vous diversifiez-vous autant ?

HAB – On essaie de développer des activités autour du Fise. C’est le défi dans les sports Freestyle où il manque encore de moyens de manière à contenir les coûts. Cela permet ensuite de déployer ce savoir-faire et positionner nos différentes infrastructures. Ces investissements sont aussi fléchés sur les solutions techniques et le digital, avec le e-Fise. Ce type d’outil est désormais vendu à d’autres organisateurs pour monter des compétitions numériques. Toujours sur la diversification, notre école Fise Academy dédiée au management du sport a accueilli 40 étudiants sur une première promotion en septembre 2021. Nous devrions avoir 90 étudiants sur la rentrée prochaine. Ce modèle devient viable. Nous serons à l’équilibre sur 2021 sur cette activité et commencerons à générer de la profitabilité sur la deuxième année.

Mickaël Deneux / deneux@lalettrem.net
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