Nîmes/Régionales - Raymond Couderc veut mettre les cinq aéroports régionaux en réseau
« On aura besoin de vous et de vos réseaux pour faire campagne », lâche sans faux-semblants Jean-Paul Fournier, sénateur-maire UMP de Nîmes, à un parterre d'une soixantaine de chefs d'entreprise et d'élus réunis dans le restaurant de l'aéroport de Nîmes. Un aéroport pris comme exemple d'échec de la mandature actuelle : « Ce choix n'est pas innocent de votre part,, déclare Jean-Paul Fournier à Raymond Couderc. Vous savez depuis six ans combien nous souffrons et combien cette région souffre ». Raymond Couderc saisit la perche tendue et développe son programme aéroportuaire : « Sur les aéroports, j'ai justement des idées très arrêtées en opposition avec celle du président de Région. Son idée, c'est qu'on va fermer les autres aéroports pour tout porter sur Montpellier. Or les gens qui arrivent du Nord de l’Europe et qui veulent venir chez nous souhaitent être à moins de 50 kilomètres de leur destination. On aura une perte de trafic. L’idée est plutôt de mettre les cinq aéroports en réseau, d'être complémentaires, en développant Montpellier en tant que plate-forme multimodale et en aidant les autres aéroports à se développer (*) »
Politique de filière
Le candidat UMP aux élections régionales a ensuite donné les grands axes de son programme en matière de développement économique : « Il est nécessaire que nous mettions en œuvre un fond régional afin de soutenir les fonds propres et la capitalisation des entreprises. Un fond qui réunirait les collectivités, les banques et les investisseurs privés, et la banque européenne d'investissement. Il faut aussi apporter des fonds solidaires à la Soridec pour aider les TPE ». Second projet : « Assurer l'organisation de filières à l'image de ce qu'a fait l'Aria (association régionale des industries agroalimentaires, ndlr). Je sais que vous avez ici un projet de cluster sur la gestion des risques. On a aussi dans notre région de grosses entreprises en matière d'éolien, de solaire, de médical et de para-médical. Il faut savoir en profiter ». Enfin en matière de tourisme, « qui représente 15 % de notre PIB et seulement entre 0,5 % et 2 % du budget général de la Région », Raymond Couderc souhaite voir la création d'un Atout Languedoc-Roussillon, sur le modèle d'Atout France (anciennement Maison de la France, NDLR) qui gère l'image de la France à l'étranger. L'axe de développement choisi serait de « faire fonctionner le tourisme à l'année : Jacques Blanc avait apporté des sous pour créer des piscines. Il faudra qu'on fasse quelque chose pour ce qui est couvert, en développant la thalasso ou la balnéothérapie ».
« Vous êtes notre candidat »
Visiblement convaincu par le discours du candidat, le secrétaire adjoint de la CGPME gardoise, Jean-Michel Testard, n’hésite pas à lancer : « Vous êtes notre candidat. Si je croise du monde demain, comment puis-je convaincre quelqu'un qui ne sait pas pour qui voter ? ». « Si on veut gagner la région, ce n'est pas pour faire du Frêche sans Frêche » répond Raymond Couderc. Nous, nous travaillerons en concertation. Le changement en matière de gouvernance sera total ».
(*) Si Georges Frêche a effectivement déclaré, après son élection, vouloir la mort de l'aéroport nîmois, sa position a varié en 2008 : il a alors appelé de ses vœux une complémentarité entre Nîmes et Montpellier. Aujourd'hui, le président du conseil régional affirme n’avoir jamais voulu la mort de l'aéroport nîmois.









