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| 11/07/2022

À Nîmes, série d’échanges sur le financement de l’innovation

Dirigeants gardois et investisseurs régionaux ont échangé sur les mécanismes de financement de l’innovation le 7 juillet, lors de Place à l’entreprise organisé à Nîmes par l’UPE 30. «  60 à 80 leviers sont identifiés en fonction de la maturité de la R&D », pointe Richard Gauffre, responsable Occitanie du cabinet Ayming qui a produit une cartographie des dispositifs pour la French Tech Méditerranée avec Benjamin Néel. Le cofondateur de la société gardoise Laboxy, dédiée au pilotage des projets R&D et à la justification des financements de l'innovation, préconise à ce titre « de bien s’assurer de l’éligibilité à certains dispositifs comme le crédit d’impôts recherche, au risque d’un endettement sur plusieurs années. »

Accélération difficile

Parmi les entrepreneurs appelés à partager leur expérience, Pascal Thomas, président de la start-up Futura Gaïa. Le concept développé par la start-up basée Rodilhan permet de faire pousser et cultiver des plantes dans des “systèmes“ cylindriques au sein desquels sont paramétrés l’irrigation, la chaleur et le niveau de luminosité nécessaires à la pousse, sans l'ajout de pesticides. Ayant déjà développé un concept de ferme verticale au Canada, le dirigeant observe des disparités entre la France et l’Amérique du Nord par rapport au financement de la phase d’industrialisation « Dans le modèle nord-américain, il existe une plus forte prise de risque des investisseurs pour structurer les entreprises. L’écosystème français est efficace pour l’amorçage, Nous avons rapidement levé 2,5 M€ en 2020. C’est plus complexe sur l’accélération. »

Les fonds propres privilégiés

Deux entrepreneurs gardois ont, pour leur part, privilégié un financement de l’innovation par fonds propre. Au cours d'une autre table ronde organisée par le syndicat patronal gardois, Ganaël Bascoul, fondateur de la société nîmoise Monsieur Barbier, précise que « la R&D représente 20 % de notre chiffre d’affaires annuel ». L’entreprise, qui a réalisé 1 M€ de chiffre d’affaires en 2021, envisage néanmoins une première levée d’ici la fin de l’année pour accélérer son développement. De son côté, Olivier Lapierre, dirigeant de l’entreprise nîmoise Symétrie, spécialisée dans la conception d’hexapodes de positionnement de haute précision, affirme maintenir un financement par fonds propres. « Dès le premier jour nous avons financé notre innovation au travers de nos marges. Aujourd’hui, dix personnes sont employées à temps plein sur notre R&D sur un effectif de 45 salariés. »  L’entreprise qui a réalisé 8 M€ de CA en 2021 commercialise désormais son matériel robotique de haute précision à la Nasa ou encore Airbus.

Un équilibre à trouver 

Les investisseurs essaimant en Occitanie ont par ailleurs insisté sur la structuration du capital des entreprises innovantes. Eric Candelier directeur d’Irdi Capital Investissement, préconise un bon équilibre « entre fonds propres et dette bancaire ».  Son fonds accorde 40 M€ chaque année sur des besoin R&D en région Occitanie et Nouvelle-Aquitaine « Trente à quarante projets sont retenus par an sur 500 candidatures », précise-t-il. Vanessa Chappelle, directrice du centre affaires Sud Innovation à la Banque Populaire du Sud, estime pour sa part que « 20 à 30 % de l’innovation doit être financée par fonds propres. »

Mickaël Deneux / deneux@lalettrem.net
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