« Si chaque ménage français utilisait deux heures de services à la personne, un million d’emplois seraient créés », a affirmé le vice-président de Nîmes-Métropole, Franck Proust, en introduction d’une « Matinale » de l’Agglo consacrée, ce matin, aux services à la personne. Selon le chef de l’unité territoriale de la Direccte, Gilles Champenois, le secteur représente, en France, la création de 390 000 emplois depuis 2005, soit « le tiers des emplois créés ». Les services à la personne emploient 2 millions de salariés, et 3 millions de particuliers y ont recours. Pour autant, le secteur reste selon lui « très mal connu et très mal appréhendé », et souvent « identifié à des emplois à temps partiel, mal payés, et peu qualifiés ». Dans la région, 41 % des emplois du secteur concernent d’abord l’entretien du domicile et le ménage, avant le jardinage et la garde à domicile. Les aides gouvernementales (diminuées depuis) ont permis de passer « de 60 structures agréées dans le Gard il y a quelques années à plus de 200 aujourd’hui ». Pour autant, Gilles Champenois reconnaît que, « malgré les aides fiscales, avoir recours aux services à la personne continue à coûter relativement cher ».
Des emplois non délocalisables
Pour le directeur de l’association Vivadom, Guillaume Natton (450 ETP), les acteurs du secteurs sont « des vrais décideurs économiques importants. À nous trois (avec l’ADMR et Présence 30, NDLR), nous représentons 4 000 emplois et plus de 70 M€ de CA. Nous générons des flux économiques, avec les valeurs de l’économie sociale et solidaire. Et contrairement au textile, nous ne sommes pas délocalisables ! » Le directeur général de Présence 30, Gérard Ratier, pointe un paradoxe : « nos salariés sont peu visibles, alors que la masse salariale représente 90 % de nos budgets ». Il a balayé l’image d’emplois « précaires et peu qualifiés » du secteur « qui ne correspond plus tout à fait à la réalité. Nous utilisons la VAE de façon importante. Et nous sommes un secteur comme les autres, avec des représentants du personnel et des accords de branche ». Représentant départemental de la Fédération des services à la personne, Rudy Roucayrol (Vitame) a mis en avant « la mise en place d’un partenariat fort avec l’Agefos/PME ».
Un facteur d'attractivité
Quant à Philippe Boulet, responsable du Point info services du Gard, il a pointé quelques pistes d’évolution des services à la personne, en direction des ménages mono-parentaux masculins ou des seniors. « Il faut faire des services à la personne un facteur d’attractivité pour Nîmes-Métropole. Les nouveaux habitants regardent la qualité et l’accessibilité des services sur un territoire. Offrons-leur un bouquet de services adapté, lisible, qui fera la différence avec d’autres territoires qui n’ont pas mis en place une telle offre. »