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| 13/12/2013

Municipales/Béziers : Agnès Jullian n'exclut pas d'y aller

La vice-présidente de la Région L.-R en charge du tourisme, et dirigeante de Technilum (mobilier urbain en aluminium, 50 salariés) n'a « pas dit son dernier mot » en vue des élections municipales 2014 de Béziers, pour lesquelles elle anime un think tank apolitique baptisé « Atouts Béziers », qui regroupe une vingtaine de personnalités biterroises.
« Le maire de Porto (Portugal) est apolitique, a-t-elle déclaré vendredi, lors d'un déjeuner de presse sur les bords du Canal du Midi. L'élection de candidats issus de la société civile est tout à fait possible en France. Si c'est pas mûr cette fois-ci, ça le sera la prochaine fois. Le ras-le-bol des Français par rapport au politique va nous mener vers des voies nouvelles. »
Son mot d'ordre, pour 2014 : « On ne veut pas de Robert Ménard (candidat FN, crédité de 30 % d'intentions de vote au premier tour, NDLR) au pouvoir. » Agnès Jullian, qui se définit comme « libérale », a déjà rencontré Elie Aboud (candidat UMP) et doit s'entretenir prochainement avec Jean-Michel Du Plaa (candidat PS).
Si elle ne cache pas une préférence pour Elie Aboud, elle dresse un portrait au vitriol de 18 ans de gestion de la Ville par Raymond Couderc, l'actuel maire UMP. « La commune s'est développée à l'est, en tournant le dos à ses deux cours d'eau, l'Orb et le Canal du Midi. Les bords du canal du Midi sont aujourd'hui un no man's land. On y voit un bateau qui ne bouge pas depuis 20 ans, il devient un repère, a-t-elle ironisé. Les touristes sont déconcertés. » Elle a taclé « l'essaimage de projets – médiathèque, centre nautique, Polygone -, sans lien entre eux, et sans qu'il y ait jamais eu un schéma directeur d'aménagement urbain. » Nathalie Boisjot, également membre d'Atouts Béziers, s'est inquiétée « de l'accélération de la dégradation du centre-ville, et de sa paupérisation ». « Il y a trop de misère dans Béziers. On ne voit plus que ça », a ajouté Agnès Jullian.

L'ère des projets pas chers et faciles

Côté propositions, Agnès Jullian prône des idées « pas chères, qui remettent du lien social, améliorent l'image de la ville, et sont facilement réalisables. La ville est endettée. Les dotations de l'Etat sont réduites. Les grands projets, je n'ose même pas en parler ! »
- l'art de vivre, autour de la gastronomie, des produits du terroir et du vin.
- animation de la cité : aire de jeu de tambourin sur la place du 14 juillet, « très belle, mais totalement déserte » ; concours de corso fleuri en ouverture de la feria d'août, « pour impliquer les quartiers, de la grand-mère à l'enfant, et remettre du lien ».
- circuits valorisant le patrimoine du centre-ville. « Pour l'instant, on ne se promène pas en ville. On s'y rend pour aller à un endroit. »
- valorisation des cours d'eau. Un téléphérique, ou des œufs, reliant le site des 9 Ecluses et la cathédrale Saint-Nazaire, lui semble « indispensable. Les "œufs" ont un côté ludique, esthétique. Ils attireront des annonceurs et désenclaveront le site de la cathédrale. Les touristes doivent cesser d'errer, et rester plus d'une demi-journée. Entre 300 000 et 400 000 personnes visitent chaque année les 9 Ecluses, et dépensent 50 € par jour. Les garder une journée de plus, c'est 15 M€ de retombées économiques supplémentaires pour le territoire. »
- Implantation d'une école du paysage. « Béziers est une ville idéale pour ça, avec le canal du Midi, la problématique de la replantation et de l'abattage des platanes, le centre-ville à reconquérir, l'ingénierie de l'eau... Faire des workshops avec des paysagistes, permettrait à Béziers de changer d'image, rapidement, à moins coût. »

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