Hérault
Institutions
Municipales : Montpellier part dans une folle quadrangulaire

La tentation était trop forte : Philippe Saurel n'y a pas résisté. Après l'échec de tractations avec la liste PS-EELV menée par Jean-Pierre Moure, le dissident socialiste a annoncé ce matin, très solennel, son intention de déposer la même liste qu’au premier tour. Désormais, trois candidats sont en situation de pouvoir l’emporter dimanche : Jean-Pierre Moure (PS), Philippe Saurel (socialiste dissident) et l’UMP Jacques Domergue. La candidate du FN, France Jamet, sera également présente au second tour. Récit d’une folle journée.
11h30
Devant environ 25 journalistes, dans un club de la presse bondé de militants et colistiers, chauffés à blanc après son bon score de dimanche (près de 23 % des voix), Philippe Saurel, candidat DVG à la mairie de Montpellier, rejette toute alliance avec Jean-Pierre Moure (PS) et Jacques Domergue (UMP). La même liste que celle du premier tour sera donc déposée à 18h. Courtisé ces dernières 24h à sa droite et à sa gauche, Philippe Saurel tente le tout pour le tout, en surfant sur la vague anti-système, porteuse pour lui au premier tour. « Je suis serein et tranquille. J’ai le sentiment d’être sur une grande voie, déclare-t-il, aux côtés de Max Lévita, président de la Serm, à qui il promet la présidence de l’agglomération de Montpellier en cas de victoire. Il reste une montagne à gravir. Nous allons la gravir ensemble, avec les 23 % de Montpelliérains qui nous font confiance, et avec tous ceux des autres formations politiques et des abstentionnistes qui veulent tourner la page définitivement d’un système à bout de souffle. » Il assure que « le gouvernement et Solférino » étaient prêts à lui confier la tête d’une « liste citoyenne ». Il a rencontré Jean-Pierre Moure qui, explique-t-il, était prêt à lui concéder le fauteuil de maire, mais voulait garder la tête de liste.
15h
Visiblement dépité, le candidat UMP Jacques Domergue « accuse » Philippe Saurel « de ne pas avoir suivi un mouvement historique » en faisant liste commune avec lui. Les deux candidats se sont rencontrés. Jacques Domergue était prêt, lui aussi, à céder la place de maire à Philippe Saurel, mais les négociations ont échoué. « L’élément de blocage a été Max Lévita, cacique du PS et président de la SERM », affirme Jacques Domergue, qui raille « l’incapacité de Philippe Saurel à décider » et lui dénie le titre de « candidat anti-système », car « il est dans le système depuis 25 ans ». « Je suis en situation de gagner Montpellier tout seul », affirme le candidat UMP. « Ça se jouera à 500 voix près », ajoute-t-il.
17h
Jean-Pierre Moure a réuni ses colistiers, et ses partisans, au café de l’Esplanade, pour afficher, devant la presse, sa position de « candidat légitime ». « Il y a un vrai danger que Montpellier bascule à droite », avertit le candidat socialiste, qui appelle au « vote utile » pour « faire barrage à la droite ». « Dimanche soir, deux candidats sont en situation d’être maire de Montpellier : Jacques Domergue et Jean-Pierre Moure ». Il le confirme : il était prêt à laisser le fauteuil de maire à Philippe Saurel, mais pas la tête de liste. Mais son rival a « une sur-représentation de l’idée qu’il a de lui-même », déplore-t-il, sous les applaudissements un peu forcés de ses partisans. Dans un communiqué publié un peu plus tard, le Front de gauche renvoie les deux rivaux dos à dos et appelle sobrement à « voter au second tour pour faire barrage à la droite et à l’extrême droite ». Désormais, les jeux sont grands ouverts.










