Municipales 2020 à Toulouse : les programmes économiques
Les urnes parleront les 15 et 22 mars. En attendant, les candidats à la mairie de Toulouse affutent leurs arguments, y compris en matière économique. Urbanisme, transports, fiscalité, commande publique… Nombre de compétences municipales impactent en effet directement les entreprises. En outre, le maire de la Ville rose préside depuis toujours la métropole toulousaine, qui détient un certain nombre de compétences purement économiques. La Lettre M fait le point sur les propositions des six principales têtes de liste de la capitale régionale.

Franck Biasotto (soutenu par le MoDem)
C’est l’un des outsiders de la campagne. Bien connu du monde de l’immobilier, l’ancien président de Toulouse Métropole Habitat, l’office public de l’habitat de la métropole toulousaine, est à la tête de la liste « Toulouse belle et forte », soutenue par le MoDem. Favorable au RER toulousain et au projet d’une 3e ligne de métro « à condition qu’elle desserve directement l’aéroport », Franck Biasotto souhaite par ailleurs déployer des minibus électriques en dehors du centre-ville. Partisan d’une densification urbaine des quartiers irrigués par des transports en commun structurants, il souhaite créer la Maison de l’habitat et du logement, « soutenir le logement social » et « encourager l’accession à la propriété ». Il s’engage également à une stabilité fiscale pour les entreprises.
Pierre Cohen (Génération.s)
L’ancien maire socialiste de la Ville rose (2008-2014), désormais Génération.s, est à la tête de la liste « Pour la cohésion ! ». Lui aussi chantre de la stabilité fiscale, il prône un développement « soumis aux critères écologiques ». Au chapitre des transports, l’ancien édile, qui voit dans la 3e ligne de métro un projet de long terme, mise avant tout sur le RER toulousain et sur le déploiement d’un parc de bus écologiques. Il entend par ailleurs mettre en œuvre un plan vélo, avec des pistes cyclables en site propre. Côté urbanisme, il est favorable au développement d’une « politique de la ville qui favorise la mixité ». Pour cela, il prône le respect d’un équilibre entre les logements sociaux, les logements maîtrisés et les logements libres, avec une charte définie avec les promoteurs.
Quentin Lamotte (Rassemblement national)
Quentin Lamotte, 32 ans, est le candidat du Rassemblement national. À la tête de la liste « Rassemblement toulousain », ce courtier en crédits immobiliers entend instaurer lui aussi une « pause fiscale ». Côté transports, il propose – outre la 3e ligne de métro et la prolongation des lignes A et B – un projet baptisé « TAG » (pour « Tramway-Aéroport-Gare »), incluant la couverture des tranchées ferroviaires entre la gare Matabiau et l’avenue Camille Pujol, puis la prolongation de la ligne T2 de la station Palais de justice à la gare. Cela permettrait de « récupérer plus de 3 ha de terrain en plein cœur de Toulouse », susceptibles d’accueillir « des parcs et des transports écologiques ». Côté urbanisme, il appelle à « conserver l’esprit de Toulouse », « ville horizontale ».
Antoine Maurice (Archipel Citoyen)
L’écologiste Antoine Maurice, désigné pour prendre la tête de la liste « Archipel Citoyen », mouvement soutenu notamment par EELV et La France insoumise, a placé les enjeux environnementaux au cœur de son programme. Il entend déployer un « nouveau projet économique de transition écologique » susceptible de favoriser la création de « milliers d’emplois ». Côté immobilier, il souhaite que la collectivité « se constitue des réserves foncières sur l’ensemble du territoire en mobilisant son Établissement public foncier local. Ainsi, elle pourra sanctuariser des terres, en consacrer certaines à la construction rapide de nouveaux logements ». Fervent défenseur des modes de déplacements doux et favorable à la 3e ligne de métro, il veut prolonger le tramway et la ligne B du métro.
Jean-Luc Moudenc (LR, soutenu par LREM)
L’actuel maire LR de la Ville rose, à la tête d’une liste « Aimer Toulouse », également soutenue par LREM, entend mener « des actions pour conforter notre dynamisme économique ». Tout en maintenant les niveaux actuels de fiscalité, l’édile souhaite notamment « doubler le nombre d’implantations d’entreprises extérieures » et booster l’attractivité touristique de la ville. Il mise sur l’innovation en prévoyant l’ouverture de son « Small Business Act » aux start-up et en créant une agence métropolitaine de la donnée. Promoteur d’une « innovation verte », il souhaite par ailleurs mener à bien son projet de 3e ligne de métro et doubler les rames de la ligne B. Enfin, tout en menant « des projets urbains ambitieux », il souhaite « empêcher une densification abusive des quartiers résidentiels ».
Nadia Pellefigue (PS-PC-PRG)
« Une nouvelle énergie pour Toulouse » : c’est le nom de la liste menée par Nadia Pellefigue, soutenue notamment par le PS, le PC et le PRG. La vice-présidente socialiste de la Région en charge du développement économique mise, côté mobilité, sur la 3e ligne de métro, le prolongement de la ligne A vers Portet-sur-Garonne, mais aussi sur le déploiement d’un RER toulousain, d’une navette circulaire sur la rocade et de 400 km de pistes cyclables. Favorable à la mise en place d’une charte de l’aménagement, elle souhaite mettre fin « au désordre architectural ». Enfin, elle veut « intensifier l’accompagnement des entreprises » et « aider au développement d’une économie autonome, écologique et solidaire » en mettant « le patriotisme économique au service de l’emploi ».











