Montpellier/Universités - Montpellier III vote une grève administrative
Le congrès de Montpellier III, qui réunit les trois conseils (d’administration, d’étude et de vie universitaire et scientifique), a emboîté mardi 9 décembre le pas à sa présidente, Anne Fraïsse, qui la veille écrivait à la ministre de l’Enseignement supérieur pour dénoncer une sous-dotation de son établissement, et la suppression de 12 emplois demandée dans une université déjà sous-encadrée.La présidente de l’UM III a envoyé un courrier à une douzaine de présidents d’université. Mardi 9 décembre au soir, trois avaient signé sa motion et une s’y était refusée. Elle reçoit, vendredi 12 décembre, les syndicats étudiants pour leur expliquer la situation. Le congrès a par ailleurs voté à la majorité la possibilité d’une grève administrative à partir de janvier.Dotation « volontairement obscure »Dénonçant un document de dotation 2009 « volontairement obscure », Anne Fraïsse, présidente de l’UM III, compare les sommes reçues en 2008 et celles promises en 2009 : « On nous annonce une hausse de 8 % de la dotation globale alors qu’on a en fait une baisse de 14 % ». En cause : une opération comptable du ministère qui gonfle la somme reçue dans le cadre du plan réussite licence, « spécialement faite pour un type d’étudiant et que nous serons obligés d’utiliser pour autre chose que le soutien à la réussite des premières années » ; ou une ligne intitulée excédent d’initialisation, dotée de presque 2,4 M€, « sans doute la plus pernicieuse, poursuit Anne Fraïsse. En fait on nous donne de l’argent pour compenser cette année, et pour nous habituer à en avoir moins ». Au final, la dotation devrait être de 10,22 M€ en 2009 contre 11,89 M€ en 2008.12 postes à supprimer dans les trois ans« Nous vivions sur la certitude d’être massivement sous-encadrés, on nous annonce brusquement que nous sommes sur-dotés », s’insurge Anne Fraïsse, faisant allusion à la demande du ministère de supprimer soit 12, soit 14 postes, les deux documents envoyés par Paris se contredisant sur ce point. « Le jeu du ministère consiste à dresser les universités les unes contre les autres. Moralité, on attend toujours les normes qui doivent être dictées en matière de dotation », poursuit la présidente de l’UM III, qui constate que les deux autres universités montpelliéraines ont pour consigne de ne pas remplacer deux départs à la retraite au lieu des trois demandés à Montpellier III : « Ici on compte 30 000 heures complémentaires et on nous explique quand même qu’on est trop nombreux auprès des étudiants ». La présidente demande également une clarification sur la transformation attendue du statut d’enseignant-chercheur, de façon à ce que la recherche ne soit pas réservée aux universités scientifiques, considérées comme économiquement plus rentables.F.D.










