Fil infos

Région Occitanie
|
Institutions
| 4/01/2018

Montpellier vue de Toulouse

« Je ne comprends pas pourquoi on nous a mis dans la même région que Montpellier ». Cette perplexité dont témoigne Jean-Pierre, retraité toulousain interviewé par La Gazette de Montpellier, illustre assez bien le long chemin qu’il reste encore à parcourir pour rapprocher les deux métropoles d’Occitanie. Dans une enquête publiée par le city-magazine héraultais le 4/1, et réalisée par notre confrère Henri Frasque (ex-rédac'chef de La Lettre M), plusieurs toulousains font le constat des multiples différences entre la capitale de la nouvelle région et Montpellier. « À Montpellier, le secteur du numérique est moins dense, mais mieux organisé qu’à Toulouse », explique Édouard Forzy, dirigeant de la Mêlée, cluster toulousain des entreprises du numérique. « Montpellier est plus proche de Nice que de Toulouse », estime Christophe Ghristi, directeur artistique du théâtre du Capitole. Dominique Porté, éditeur toulousain et ex-directeur commercial à Montpellier, ne mâche pas ses mots : « Montpellier a un secteur privé économique beaucoup moins dynamique, diversifié et fort qu’à Toulouse. (…) Montpellier a les caractéristiques d’une capitale de pays en voie de développement. » Patrick Saint-Agne, président de la puissante Fédération des Promoteurs Immobiliers Occitanie Toulouse Métropole, avoue ne pas connaître le nom du maire de Montpellier : « C'est une femme, non ? Vous me dites que c'est Philippe Saurel ? Je pensais qu'il était seulement président de la Métropole. »

D’autres témoignages sont plus valorisants pour l’ancienne capitale de l’ex-Languedoc-Roussillon, vue depuis Toulouse. « Montpellier a un grand potentiel touristique et attire une clientèle estivale qui manque à Toulouse, qui est une ville de passage », selon Sandra Lampée-Baumgartner, directrice du Grand Hôtel Opéra à Toulouse. Marie-Françoise, infirmière libérale, considère que le CHU de Montpellier est un « bon centre hospitalier, très réputé ».

Au-delà des divergences, certains points de rapprochement, voire de complémentarité, apparaissent. « Les universités de Montpellier sont dynamiques, très présentes sur le plan de la recherche avec une offre assez complète, déclare Philippe Raimbault, président de l’université fédérale Toulouse-Midi-Pyrénées. Certaines spécialisations très poussées à Montpellier, comme l’agronomie, peuvent se révéler complémentaires avec ce qui existe à Toulouse. » « C’est dans le domaine du tourisme que nos échanges ont été les plus productifs », témoigne François Chollet, vice-président de Toulouse Métropole et adjoint au maire LR de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, qui l’a chargé des relations avec Max Lévita, son homologue à Montpellier.

Parallèlement aux actions menées par les institutions, les entreprises œuvrent, elles-aussi, au rapprochement entre Montpellier et Toulouse. « Nous avons une dizaine d’adhérents à Montpellier, où nous ouvrons un bureau le 25/1, au Triade (quartier Millénaire, NDLR), annonce même Yann Barbaux, président du pôle de compétitivité Aerospace Valley. Nous avons identifié une quarantaine d’entreprises qui pourraient nous rejoindre dans la région de Montpellier, et 70 à 80 dans l’ex-Languedoc-Roussillon ». « Les entreprises ne s’arrêtent pas aux frontières administratives, rappelle Philippe Robardey, président de la CCI 31, elles n’ont pas attendu la fusion des régions pour tisser des liens. »

Extraits de La Gazette de Montpellier du 4/1.

Stéphanie Roy / roy@lalettrem.net
Bloc Abonnement

La Lettre M sur votre bureau chaque mois, la newsletter quotidienne à 18h, toute l'actualité en temps réel sur lalettrem.fr, les magazines thématiques, le guide « Les Leaders, ceux qui font l’Occitanie », la référence des décideurs d'Occitanie