Montpellier rend un dernier hommage à Raymond Dugrand
Environ 200 personnes, dont beaucoup de fidèles de la première heure* de feu Georges Frêche, ex-maire de Montpellier, ont assisté vendredi après-midi aux obsèques de Raymond Dugrand, ex-adjoint à l’urbanisme de la Ville de Montpellier (entre 1977 et 2001), décédé le 13/2 à l’âge de 92 ans.
« Quand un journaliste rencontrait Georges Frêche , il était impressionné par sa culture ; Quand il interviewait Raymond Dugrand , il se sentait plus intelligent », a résumé Alain Valat, qui a été le collaborateur principal de Raymond Dugrand lors du 1er mandat de Georges Frêche, de 1977 à 1983. Il a rappelé les slogans d’antan, finalement proches de ceux d’aujourd’hui : « Changer la ville pour changer la vie », « Moins de béton, plus de social ». De même que la place de la concertation, déjà prégnante à l’époque, à travers l’atelier « Montpellier aujourd’hui, Montpellier demain ». Alain Valat a rappelé que l’aventure urbanistique engagée en 1977, et dont sont nés Antigone, Tournezy, le site propre du tramway, les maison pour tous…, n’était pas gagnée d’avance. « Très vite, il a fallu faire adhérer les services de la Ville aux nouvelles idées. C’est alors que toute la maîtrise de Dugrand s’est mise en route. Une série de réunions s’est tenue pour faire passer les idées au plus grand nombre, et créer un climat de confiance, ce qui est indispensable pour construire. La création de l’atelier municipal d’urbanisme, qui fonctionnait avec Georges Frêche et Raymond Dugrand, a été une sorte d’OPA lancée sur les services municipaux. Il fallait du courage et de l’opiniâtreté. C’était une petite révolution. Raymond Dugrand a mouillé la chemise, a organisé les réunions qu’il fallait, dans une ambiance que certains d’entre nous regrettent encore. Il y avait toujours une réunion de plus, et on se disputait pour y assister. Il nous avait transformés en étudiants pour aborder les démarches de la façon la plus efficiente possible. »
Philippe Saurel, maire DVG de Montpellier, lui-même ancien adjoint à l’urbanisme (2004-2011), a déclaré : « La Ville, la Métropole, le conseil départemental de l’Hérault remercient Raymond Dugrand ; Notre pays remercie l’homme engagé, l’élu, le résistant. En 1977, la conquête de Montpellier par une liste d’union de la gauche était improbable. Ceux qui y ont cru méritent aujourd’hui que des places, des ponts ou des avenues de la ville portent leur nom. Raymond Dugrand, c’est un enseignant, un homme qui a pour mission de faire partager sa connaissance. C’est un combattant, un résistant proche du parti gaulliste, comme l’ont été six ou sept grand urbanistes français. C’est l’homme de 1977, lorsque que Georges Frêche a conquis Montpellier (…) Lorsque j’étais adjoint à l’urbanisme, j’ai passé plusieurs après-midi de travail avec lui, pour parler métropole en réseau, ville linéaire, affinage urbain. La nouvelle gare Saint-Roch est le projet qu’il aurait aimé réaliser. Il m’a aidé à rencontré l’architecte Jean-Marie Duthilleul et la SNCF. Il assumait les fonctions avec classe, nuance et sensibilité. »
Philippe Saurel a insisté sur le rôle « peu connu, mais auquel il tenait », que Raymond Dugrand occupait au conseil général de l’Hérault. « Il a été vice-président chargé de la politique foncière auprès de Gérard Saumade. Tous les parcs, toutes les étendues naturelles, tous les zonages protégés entre le Pic Saint-Loup et la mer, c’est Dugrand qui les a dessinés. On lui doit la présence de cette nature aux portes de la ville. Il a voué son action à un idéal, qui passait par l’urbanisme, mais qui avant tout portait de grandes valeurs, des valeurs de gauche, humanistes, sociales et au centre desquelles se trouvait la ville. »
* Des anciens élus (André Vezinhet, Hélène Mandroux), des élus actifs (Philippe Saurel, Michaël Delafosse, Max Lévita, Stéphanie Jannin), Claude Cougnenc (Région Occitanie), Alain Valat (ex-directeur de l'Atelier Municipal d'Urbanisme, passé ensuite à la direction d'ACM et à la présidence du GIE Sud Habitat), des personnalités de l’acte de bâtir - architecte (Antoine Garcia-Diaz), géographe (Jean-Paul Volle), aménageur (Christophe Pérez, DG de la Serm) -, des hommes d’affaires (Michel Fromont, Marcel Salerno)…










