Montpellier : le déplacement de l’A9 ne fait pas l’unanimité
Ce vendredi 11 juin, dans un courrier adressé au député UMP héraultais Jean-Pierre Grand, le ministre de l’Ecologie Jean-Louis Borloo « souhaite retenir le double principe d’un déplacement court de l’autoroute A9 (sur 12 km et 2X2 voies, entre Saint-Jean-de-Védas et Montpellier Est, ndlr) et d’une amélioration des voies d’accès à cette autoroute ».
Dans deux communiqués distincts, les Verts et Cap 21 réitèrent leur opposition au projet, chiffré à au moins 450 M€ (financement 100 % ASF). « La décision de doubler l’A9 au niveau de Montpellier ne résoudra en rien les problèmes de circulation car les embouteillages sont dûs à un effet entonnoir lié aux limites des voies urbaines de Montpellier, indique Georges Fandos, délégué régional Cap 21 L.-R. Seule la réduction du trafic par le renforcement des transports en commun et le transfert du fret de la route vers le rail (ou la mer) et de nature à réellement réduire les problèmes (…). » Et ce dernier de tacler des « élus peu imaginatifs ou peu sensibles aux contradictions : on ne peut pas vouloir réduire les émissions de gaz à effet de serre et vouloir doubler les capacités des autoroutes ! »
« La nouvelle enquête publique donnera à tous les citoyens l’occasion de s’exprimer sur la nouvelle variante proposée, certes plus courte (12 km) et plus étroite (2 fois deux voies), mais toujours aussi inefficace, puisque les problèmes d’engorgement sont aux sorties de l’autoroute », indiquent les Verts de Montpellier, favorables à un élargissement de l’infrastructure in situ.
Philippe Saurel, adjoint délégué à l’urbanisme à la Ville de Montpellier, et Jean-Pierre Moure, premier vice-président de Montpellier Agglomération, se sont à l’inverse, réjouis, ce lundi 14 juin, de la décision du ministre d’Etat : « L’enquête publique va certes prendre du temps, déclare Philippe Saurel à La Lettre M. Je préfère qu’il y ait une décision, même si ce n’est pour l’instant qu’une décision de principe de la part du ministère, plutôt que le silence auquel on avait droit. Certes, la solution n’est pas parfaite. Mais y a-t-il des solutions parfaites dans ce bas monde ? Je ne le crois pas. Ce qu’on peut dire, c’est que cette proposition du ministre de repousser l’A9 sur le sud permet à la Ville de pouvoir enfin respirer un petit peu plus en termes de circulation. Ça va se faire, puisque le ministère l’a acté. Au niveau du timing, le chantier peut commencer dans trois ou quatre ans. Une déclaration d’utilité publique en 2013, ça serait bien. »
« Cette décision est décisive pour l’agglomération de Montpellier, s’est réjoui Jean-Pierre Moure, premier vice-président de Montpellier Agglomération. Cette infrastructure supplémentaire permettra de faciliter les modes doux dans le temps, avec notamment la possibilité d’utiliser l’A9 actuelle, requalifiée en boulevard urbain, comme un axe d’apaisement de la circulation et de jonction avec les communes de la première couronne. »










