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Montpellier : le Centre spatial universitaire pourrait créer plus d'une centaine d'emplois

Les chercheurs de l’université Montpellier 2 l’attendaient depuis quelques semaines déjà et Christian Bourquin, président de Région, est venu ce matin le confirmer dans les locaux de l’Institut électronique du Sud (IES) : la Région accompagnera financièrement la construction d’un bâtiment sur le campus Saint Priest pour héberger le Centre spatial universitaire et ses partenaires industriels. Une centaine d'emplois pourraient être créés. Comme La Lettre M l'avait annoncé dès le mois de février, il s’agit de créer une plateforme technologique mettant en relation formation, recherche et industrie autour de la fabrication de nanosatellites, mini satellites pesant entre 10 et 30 kilos, et dont le marché est prometteur. Et pour cela, la participation de la collectivité semblait un préalable important. « J’ai remarqué que vous aviez quelques contingences matérielles, s’est amusé Christian Bourquin auprès de Michel Robert, président de l’UM2 dont dépendent l’IES et le CSU. Ne vous en faites, pas nous allons y surseoir. »
2000 m2 pour accueillir R&D et entreprises
Le bâtiment devrait compter quelque 2000m2, et l’ensemble des entreprises ont rendez-vous ce vendredi à Languedoc Roussillon Aménagement afin de faire part de leurs besoins. Parmi elles, quelques références : Intespace, leader de la certification de satellite, qui viendrait installer un centre de test dédié aux nanosatellites, ou encore 3D plus, leader mondial de l’assemblage de composants microélectronique en 3D (meilleures performances pour moins d’espace). Jean-Claude Pasquet, directeur adjoint d’Intespace : « On croit au projet, et c’est important que la France se positionne sur ce marché. Nous souhaitons être présents, car c’est là que sont formés les étudiants, et nous pourrons les utiliser aussi dans l’industrie. Nous aurons deux à trois personnes à Montpellier dès que le bâtiment sera prêt. Nous souhaitons être présent, puis nous verrons en fonction du développement de ce marché. »
Une société suisse
De plus petites entreprises sont aussi partie prenantes : Trad, fondée par des anciens de l’IES et partie depuis en Midi-Pyrénées pour se rapprocher de ses clients, ou encore Micro-caméra, société suisse spécialiste de la petite caméra pour le spatial, qui a fondé dès septembre dernier une filiale à Montpellier. « Le projet montpelliérain, les perspectives du marché des nanosatellites nous permet d’envisager le développement de séries, alors que nous ne faisions que des prototypes, indique Stéphane Beauvivre, le gérant. Avec la confirmation du projet, nous prenons les premières commandes pour 2015. » Systheia devrait compter 10 personnes à cette date-là, 20 à l’horizon 2018.
Au moins 100 emplois à la clé
Dans un premier temps, Frédéric Saigné, chercheur au laboratoire Radiac au sein de l’IES, et principal initiateur du projet avec Laurent Dusseau, chercheur et directeur du CSU, envisage la création d’une centaine d’emplois, avec l'installation de toutes ces sociétés, et table sur la vente de 100 à 150 unités par an. Cette ambition est accompagnée par la fondation Van Allen, créée en novembre dernier, et dont le but, sous la présidence de l’ancien directeur du CNES (agence française de l'espace) Michel Courtois, personnalité reconnue dans le milieu, est de pérenniser les activités autour des nanosatellites. Dotée pour l’heure d’un capital d’1,5 M€, elle envisage de rassembler des fonds dès cette année, afin d’accompagner les projets du CSU, notamment avec le financement de bourses et de thèses d’étudiants. La fondation elle-même devrait générer la création de 10 emplois directs.
Légende : Ce matin, dans les locaux de l’IES sur le campus de Montpellier 2, (de gauche à droite) Michel Courtois, président de la fondation Van Allen, Michel Robert, président de l’UM2, Christian Bourquin, président de région, Laurent Dusseau, directeur du CSU, Vera Mayorova, directrice du BMSTU space center à l’université de Bauman en Russie et Alain Foucaran, directeur de l’IES, rassemblés autour d’un modèle de nanosatellite. La présentation du projet a été réalisée à l’occasion de la venue d’une délégation russe : en effet, le prochain nanosatellite envoyé par les étudiants montpelliérains le sera de Baïkonour, certainement cette année, car il a été développé en partenariat avec l’université russe de Bauman.










