Montpellier - La Ville veut généraliser la limitation de vitesse à 30 km/h et étendre sa zone piétonne
Hélène Mandroux, maire PS de Montpellier, a lancé mardi la phase de concertation du projet de de Plan local de Déplacements. Avec 90 000 véhicules qui entrent chaque jour dans Montpellier, l’asphyxie guette. ?Un nouveau plan de circulation, s’adaptant au futur réseau de tramway (4 lignes à l’horizon 2018), est en cours d’élaboration. Les quais du Verdanson et les boulevards Berthelot, Vieussens et Gambetta devraient passer à double-sens. La vitesse maximale dans une grande partie de la ville sera abaissée à 30 km/h : « Aujourd’hui, 90 % de la voirie est limité à 50 km/h, a relevé Yannick Tondut, directeur général délégué des services. Nous allons nous inspirer de l’exemple de Lorient, où dans neuf rues sur dix, la vitesse est limitée à 30 km/h. C’est notre objectif à Montpellier. A terme, seuls les axes principaux resteront limités à 50 km/h. »
La Ville veut également diminuer la part de la voiture dans les déplacements. Ce qui ne signifie pas forcément une baisse du trafic des voitures particulières, vu l’augmentation et de la population, et du nombre moyen de déplacements par habitant : « A Grenoble et Strasbourg, environ 55 % des déplacements se font en voiture. A Montpellier, nous sommes à 63 %. Nous avons une marge de progression. » Le développement du réseau de tramway devrait permettre d’atteindre cet objectif. En dehors du corridor des tramways, 78,9 % des déplacements domicile/travail se font en voiture ou en deux-roues. Ce pourcentage tombe à 55,5 % le long des lignes de tramway. Avec les 4 lignes de tramway, 80 % des Montpelliérains seront desservis par le tramway, selon la Ville de Montpellier.
« Toutes les lignes de bus n’ont pas vocation à être remplacées par le tramway »
La Ville compte par ailleurs développer le Vélomagg, l’autopartage (Modulauto) et s’appuie toujours sur son réseau de bus. « Les bus transportent beaucoup de monde, toutes les lignes n’ont pas vocation à être remplacées par le tramway, a observé Yannick Tondut. Mais les utilisateurs se plaignent à juste titre d’une vitesse trop lente. Il faut instaurer un système de couloirs et de priorité aux feux. »-La zone piétonne (21 km aujourd’hui, sur 60 ha) devrait être étendue de manière conséquente, entre le boulevard du Jeu-de-Paume et le boulevard Gambetta, dans le secteur des halles Laissac et de la gare Saint-Roch. Autre point à travailler : le déficit de places de stationnement « dans les secteurs nord-ouest et sud-est ». Ailleurs, la Ville de Montpellier est plutôt bien lotie par rapport à d’autres métropoles régionales (55 places pour 1 000 habitants, contre 30/1 000 à Strasbourg, 37/1 000 à Lyon, 31/1 000 à Grenoble, 37/1 000 à Lyon…)
L’absence de décision sur le doublement de l’A9 est un handicap
« Montpellier est l’une des villes les mieux équipées en transports collectifs, mais ne dispose pas d’un contournement de transports nationaux et internationaux », a noté Hélène Mandroux. La commune est en effet dépourvue de rocade, et à l’est (Déviation Est de Montpellier, en partie réalisée mais non achevée, maîtrise d’ouvrage : conseil général de l’Hérault) et à l’ouest (contournement ouest de Montpellier, toujours à l’étude, maîtrise d’ouvrage : Etat). Au sud, le projet de doublement de l’autoroute A9, qui permettrait de transformer l’autoroute actuelle en périphérique urbain, est suspendu depuis plusieurs années à une décision de l’Etat. Tant que le feu vert n’est pas donné, les rocades est et ouest ne pourront pas être connectées à l’autoroute actuelle. « La décision sur le doublement de l’autoroute A9 est la clé de voûte. Ça conditionne tout », résume Hélène Mandroux.
Limiter le trafic sur le boulevard du Jeu-de-Paume
Serge Fleurence, premier adjoint au maire, veut faire passer le trafic de transit « en dehors du centre-ville », et notamment du boulevard du Jeu de Paume. « 70 % des voitures qui passent par le Jeu-de-Paume n’ont rien à y faire, car n’ont pas pour destination l’Ecusson. Seulement un tiers des 17 000 véhicules/jour qui fréquentent cet axe a pour destination les parkings du centre-ville. Or, il n’y aura pas d’essor commercial du Jeu-de-Paume sans amélioration de l’environnement. » La question du devenir du Jeu-de-Paume (maintien à deux voies de circulation, passage à une seule voie ou piétonisation) n’est pas encore fixée et est « prématurée à ce jour. Un débat sera fixé à l’issue des travaux du tramway ».
Des avenues larges seront privilégiées dans les nouvelles Zac, « quitte à densifier davantage les bâtiments, a déclaré Hélène Mandroux. Il faut éviter les rues étroites comme à Malbosc, cela génère des conflits entre piétons, cyclistes, automobilistes… ». Serge Fleurence rejette avec humour la multiplication de ralentisseurs sur les chaussées : « Si j’écoutais toutes les demandes de ralentisseurs, certains quartiers ressembleraient à la chenille de Palavas ! »
Côté calendrier, le projet de plan local de déplacements, lancé sous le slogan « Plus cool la ville ! », sera présenté et débattu en quatre temps : conseils consultatifs de quartiers et CCI en février, associations en mars, Printemps de la Démocratie en avril, concertation quartier par quartier à partir de mai. Un projet plus précis devrait être bouclé en juin ou juillet.










