Gard
Viticulture
Moncigale vers un plan de continuation
Le tribunal de commerce de Nîmes doit statuer demain 15 janvier sur le sort de Moncigale. Un seul dossier de reprise a été déposé par la société Aixone management holding, société financière et de conseils fondée en janvier 2011 dans le Jura Suisse et dirigée par Guy Perraut, dont ce serait la première acquisition dans le domaine viticole. Pour les syndicats, la branche CFDT du syndicat général de l’agroalimentaire en tête, ce n’est pas la solution qui sauvera Moncigale : « Il est clair que la pérennité de l’entreprise et la sauvegarde des emplois passera par un repreneur du secteur du vin ayant un véritable projet industriel et économique », indiquent-ils dans un communiqué. Toutefois, une rencontre avec ce potentiel repreneur était organisé cet après-midi, sans grande illusion. D’après les représentants syndicaux, la décision la plus probable devrait être un plan de continuation de Moncigale, en attendant que la situation de la maison-mère, Belvédère, elle aussi en redressement judiciaire, se solutionne. Ou peut-être qu’un dossier sérieux de reprise ne soit présenté. Le groupe coopératif audois Val d’Orbieu, qui s’était rendu sur le site au mois de décembre dernier en toute discrétion, et avait allumé quelques espoirs chez les salariés, n’a finalement pas déposé de dossier de reprise.
En cause, le « management hasardeux »
Moncigale emploie 250 personnes à Beaucaire, d'où l'urgence à sauver l'entreprise dans un bassin économique peu épargné. Ce négociant en vin, pilier de la commercialisation de vins gardoise, avait été placé en redressement judiciaire en septembre 2011, en même temps que Belvedère, sa maison-mère, dont le siège avait été transféré au même moment à Beaucaire.
En difficultés depuis de longues années, Moncigale, anciennement Chais Beaucairois, attend beaucoup d'une éventuelle reprise. CA en retrait (123 M€ attendus en 2012, en hausse par rapport à 2011, à 113 M€, mais en fort retrait par rapport à 2006 : 173 M€), résultat d’exploitation plombé (négatif de près de 2 M€ pour 2012)… Les syndicats insistent sur la responsabilité des dirigeants : « La situation actuelle n’est pas une fatalité uniquement liée à la situation économique que nous connaissons aujourd’hui, mais bien à un management hasardeux depuis la reprise de Moncigale par le groupe Belvedère. A plusieurs reprises, la CFDT par l’intermédiaire de ses représentants a dénoncé ces pratiques inacceptables et a alerté les politiques et les pouvoirs publics sur la détérioration de la santé économique et sociale de l’entreprise et sur l’incapacité des dirigeants à redresser cette société. »
Les bons résultats obtenus par la gamme de vins aromatisés Fruits and Wine, lancée fin 2010, avaient permis de faire la preuve que Moncigale avait encore de belles cartes à jouer. Toutefois, la vétusté des équipements handicapent lourdement le négociant gardois dans sa quête d'un repreneur.










