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Haute-Garonne
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| 27/11/2018

Mobilités, urbanisme et artisanat au menu des Assises du Développement économique de Toulouse Métropole

Lors des 4e Assises du développement économique de Toulouse Métropole, Jean-Luc Moudenc, président de Toulouse Métropole, a rappelé les grands axes stratégiques, lundi soir devant quelque 300 décideurs dans la salle des colonnes de l’Hôtel Dieu : « Déconcentrer le développement économique en créant de nouvelles zones », « le développement de l’Oncopole, qui compte désormais 4 000 emplois », « la transformation du quartier Matabiau (Teso, Toulouse Euro Sud Ouest, NDLR) », « Francazal qui décolle avec les mobilités du futur, en lien avec la Région Occitanie », « la zone Fondeyre, oubliée jusqu’à présent, qui va être revisitée et qui sera desservie par la 3e ligne de métro » et le futur Parc Expo (PEx), attendu pour juin 2020. « Nous serons au 3e rang national en capacité d’accueil avec cet outil », souligne l’élu. Également président de France Urbaine, il a annoncé à La Lettre M la tenue des journées annuelles de cette association, à Toulouse, les 28 et 29 mars prochains (peut-être au Capitole).

Appel à projets urbains innovants Dessine-moi Toulouse. Sur 114 candidatures déposées, 53 ont été retenues. Les copies seront relevées fin janvier, pour une désignation des lauréats lors du prochain Mipim, en mars, à Cannes. « Nous avons voulu un urbanisme innovant, qui ne soit pas dicté par la collectivité, sur des territoires ayant une certaine complexité », souligne Jean-Luc Moudenc. « Il y a des réponses de Norvégiens, de New Yorkais, ou d’autres promoteurs dans l’Hexagone, a dévoilé Annette Laigneau, vice-présidente déléguée à l’urbanisme. Dessine-moi Toulouse a sorti les promoteurs immobiliers toulousains de leurs zones de confort. Des bailleurs sociaux se sont aussi impliqués dans la démarche. »

Coopération avec les autres collectivités. « Nous sommes en complémentarité avec la Région Occitanie. Pas seulement parce que la loi le veut, aussi parce que Carole Delga (PS) et moi-même avons compris que l’entente était facilitateur pour les acteurs de l’économie. Suite à la création de l’agence régionale Ad’Occ, nous avons décidé d’organiser un partenariat avec notre agence d’attractivité. »

Sur le projet de fusion avec le CD 31 (président : Georges Méric, PS), voté par la Métropole de Toulouse mais auquel s’oppose le CD 31. « Quand Macron met en œuvre ses engagements, il est critique, quand il ne les met pas en œuvre, il est critiqué, a ironisé Jean-Luc Moudenc. Je souhaite que nous travaillions avec le Département. Nous avons une belle coopération pour le PEx. On en prépare une autre sur les routes. Je suis désireux de travailler avec le Département, pour le bien commun du territoire. Je n’écris pas la loi de la République. S’il y a une évolution institutionnelle, nous serons de bons Républicains, et nous agirons dans le cadre de cette évolution institutionnelle. Le CD 31 pourrait concentrer son action sur le rural. Et nous organiserons une solidarité financière pour le développement économique des territoires ruraux. On n’a pas besoin de gilets jaunes pour comprendre ce type de choses ! Il suffit de lire la devise de la République. » Hors micro, il ajoute : « Si cette fusion s’opère, il y aura des compensations. Regardez à Lyon : chaque année, la Métropole de Lyon fait un chèque de 73 M€ au CD 69, qui se porte très bien. En Haute-Garonne, le périmètre du Département hors métropole serait à peu près identique à celui du Rhône : environ 500 000 personnes. » Le CD 31 mène en ce moment une campagne de communication ciblé, dans Toulouse, le slogan étant : « Le conseil départemental engagé aux côtés des acteurs économiques. Un plan d'investissement de 1,2 Md€ sur 2016-2021. »

Une convention avec chambre de métiers et de l’artisanat (président : Vincent Aguilera). « Les petits artisans ne sont pas sous les sunlights, ni sur le devant de la scène, alors que c’est un tissu qui a besoin d ‘être valorisé, a déclaré Jean-Luc Moudenc, aux côtés de Robert Médina, maire de Mondouzil et membre du bureau de Toulouse Métropole. Les aventures individuelles sont formidables. L’économie de proximité doit être présente dans la métropole de demain. Les artisans apportent une touche humaine, qui réconcilie l’humain et l’économie, trop souvent opposés dans la culture de notre pays. » Vincent Aguilera a présenté les grandes lignes d’un Livre blanc sur l’immobilier d’entreprise et le foncier dédié aux entreprises artisanales. « L’artisanat, c’est 250 métiers. Chacun a des besoins différents : implantation, type d’activité, besoins en termes de locaux. Il y a une érosion du nombre d’entreprises artisanales en zone urbaine dense. On éloigne les entreprises artisanales des centres-villes, et on les éloigne des populations cibles. » Le Livre blanc vise « une meilleure compréhension des besoins des artisans : locaux, foncier efficacement réparti sur l’ensemble du territoire métropolitain, facilitation des implantations en centre-ville… Pour l’instant, l’artisan en est exclu, compte tenu des prix de l’immobilier et de la fiscalité. C’est un enjeu pour les centres-villes et les centres-bourgs. » Robert Médina annonce la mise en place d’une « stratégie d’accueil et de soutien des entreprises, avec un foncier potentiel et les locaux disponibles recensés, pour répondre aux besoins des entreprises. Il faut aussi faciliter la communication entre les maires de la métropole. Le but est de répondre à une entreprise, dans la métropole ou les territoires voisins - Sivocal, Muretain ou CD 31. Il s’agit de trouver des locaux plus abordables, mieux adaptés, qui pourraient être réunis dans des villages d’artisans par exemple. Et il faut promouvoir l’apprentissage, pour trouver des salariés qualifiés, pour créer ou reprendre des entreprises. Souvent, ça manque ».

Des transports aux mobilités. Jean-Michel Lattes, vice-président de Toulouse Métropole et président de Tisséo Collectivités, a raconté avec humour l’évolution des transports urbains. « Moi, à 18 ans, j’ai travaillé tout l’été pour acheter une R5 en très mauvais état. En l’achetant, je me suis senti libre. C’était l’ancien monde. Aujourd’hui, mes enfants achètent de la mobilité. On est passé des transports à la mobilité. Tisséo doit être en relation avec les entreprises, pour intégrer cette dimension nouvelle. Nous avons lancé un appel à manifestation d’intérêt sur les transports en 2017 : 120 entreprises ont répondu, avec 200 projets ! Il faut catalyser ces relations. En 2025 (date prévue de mise en service de la 3e ligne de métro, NDLR), il y aura des usages dans le métro qu’on ne connaît pas encore aujourd’hui. »

Hubert Vialatte / vialatte@lalettrem.net
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