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Hérault
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Transports - Logistique
| 25/04/2022

Mobilités : Nino Robotics a fermé ses portes

Basé près de Lodève, Nino Robotics, conceptrice du gyropode Nino et de la roue One motorisant les fauteuils roulants, a été liquidée. « Il y a eu des offres de reprise, mais pas sérieuses », confie le 20 avril à La Lettre M le PDG-fondateur Pierre Bardina. L'entreprise héraultaise avait retenu l’attention par ses solutions de micro-mobilité, notamment pour les personnes atteintes de handicap. « L’échec s’explique par de multiples facteurs, comme la défaillance de notre partenaire motorisation, des marchés privés et publics qui ne se sont pas faits. Beaucoup d’intérêt affiché, sans concrétisation. » Autre frein : la haute autorité de santé avait refusé le remboursement de la roue motorisée « pourtant fabriquée en France ».

Créée fin 2014, la SAS était en redressement judiciaire depuis le 31 janvier. Pierre Bardina, qui s’est exprimé sur les réseaux sociaux LinkedIn et Facebook le 19 avril, confie à La Lettre M : « L’échec, comme le succès, il faut en parler. Je veux raconter mes trente ans d’expérience de l’entrepreneuriat. » Cela se fera peut-être à travers des conférences, ou un podcast. L’entrepreneur regrette : « Je parlais de mobilité pour tous, pas seulement pour les personnes handicapées. Mais parce que je suis en fauteuil, c’est ce que l’on voyait... Par ailleurs, les grands groupes avec lesquels nous étions en contact comme ADP, Eiffage, Renault, n’ont pas la même horloge que les start-up. Ce sont des grosses machines, aux temps de décision trop longs. Des collectivités ont aussi fait des effets d’annonces sur nos solutions, mais n’ont signé aucun marché... »

L’innovation de Nino Robotics a été reconnue par plusieurs prix d’innovation (Medpi Cannes en 2015, Prix de la TPE en 2017, Movin’On Challenge de Michelin et prix Aéroports de Paris en 2018, prix Handi-Entrepreneurs de la Région Occitanie en 2019) et soutenue par des aides régionales (Start’Occ en 2018, Contrat Innovation mi-2019). Nino Robotics est propriétaire des locaux de Soubès, où elle s’est implantée en 2018 lorsque la start-up de 10 salariés affichait 1 M€ de CA. Elle avait levé 1,4 M€ en 2016 auprès du fonds Alter Equity.

Sylvie Brouillet / redaction.montpellier@lalettrem.net
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