Mobilités, environnement, énergie… : Montpellier Méditerranée Métropole se tourne vers 2040
La procédure de révision du schéma de cohérence territoriale (Scot) de Montpellier Méditerranée Métropole (première mouture votée en 2006), document de planification et de cadrage entre 2019 et 2040 sur les 31 communes de la Métropole, a suscité trois réunions thématiques la semaine dernière, sur les enjeux de l’environnement, l’agriculture, la transition énergétique, l’eau, la mobilité, l’habitat. Une 4è réunion thématique est programmée le 4/4 (18h30, salle Pelloutier, quartier Antigone) sur le thème de l’économie, du tourisme et du commerce. Parmi les idées-forces soulevées par Philippe Saurel, président de la Métropole, et Stéphanie Jannin, adjointe à l’urbanisme : la préservation et la valorisation de la richesse environnementale, avec la règle d’un tiers d’espaces urbains et à urbaniser, et de deux tiers d’espaces naturels et agricoles ; la préparation aux évolutions démographiques prévisibles (5.000 à 5.300 habitants supplémentaires par an, soit + 1 % par an au lieu de + 1,7 % entre 2009 et 2014) et aux besoins qu’elles génèrent (entre 4.250 et 4.500 logements à bâtir chaque année) ; l’accompagnement du développement économique ; l’adaptation du territoire au changement climatique ; la maîtrise de l’étalement urbain ; l’intégration de la logistique dans le fonctionnement urbain, avec notamment l’utilisation du marché d’intérêt national comme plateforme logistique ; la minimisation des temps de déplacements ; l’inscription du développement des réseaux de transport dans le projet de territoire.
Philippe Saurel, qui souhaite dégager 300 ha de foncier d’activité, mise sur le réinvestissement de parcs d’activités existants : 15 % des besoins du tissu économique devraient être satisfaits dans les parcs d’activités existants.
Les déplacements en chiffres
Sur les 1,6 M de déplacements quotidiens dans la métropole, 90 % sont internes au territoire. Un habitant fait en moyenne 4 déplacements par jour. Chaque habitant passe en moyenne 1 heure par jour à se déplacer et parcourt 19 km. Un déplacement fait en moyenne 4,9 km et dure 16 mn, mais les déplacements liés au travail sont les plus longs (8,6 km en moyenne). Hormis à Montpellier intra muros, où les modes doux (transports collectifs, marche à pied, vélo) sont majoritaires (56 %), la voiture est le mode de transport toujours plébiscité, à 70 %. Les deux roues motorisés sont très minoritaires (2 %). Les échanges entre la Métropole et son grand bassin de vie représentent plus de 300.000 déplacements.
Philippe Saurel annonce la présentation, « dans les prochaines semaines », du schéma des mobilités de la Métropole. « Je ferai le maximum pour répondre aux demandes des villes de la métropole pour des transports équilibrés. Mais ne me demandez pas de faire en 3 ans ce qui n’a pas été fait en 20 ans », explique-t-il à des habitants de Grabels, venus demander une amélioration des dessertes en bus.
Parmi les projets routiers, sont cités le contournement ouest de Montpellier, la déviation est de Montpellier, la requalification de l’A709 en boulevard urbain, le raccordement du Lien à Grabels et Vendargues, la déviation de la RN 113, la déviation de Castries, le contournement nord de Lattes. Pour favoriser les mobilités, le document programme une extension du réseau de tramway, la création de pôles d’échanges multimodaux et de portes métropolitaines pour rabattre les flux provenant des territoires périphériques sur le réseau de transport collectif, l’achèvement du doublet de lignes ferroviaires avec le prolongement de la ligne nouvelle vers Béziers.
Le contournement ouest (COM) est jugé prioritaire par le maire de Montpellier. « Avec 80.000 véhicules jours sur l’A750, la plupart des flux sont de transit. Seul le COM pourra changer les choses. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne faille pas faire la ligne de tramway, ou un BHNS. Les communes du nord de la métropole, comme Gignac, connaissent une croissance phénoménale, et rentrent dans la ville par l’A750. »
Vers une mutation du modèle énergétique
La collectivité cible un mix énergétique bas carbone : exploitation de ressources locales renouvelables, récupération d’énergie, interconnexions entre réseaux, stockage d’énergie, adaptation des réseaux vers plus de flexibilité et d’intelligence, développement des réseaux intelligents, autoproduction, autoconsommation, autocontrôle des consommations, poursuite de la lutte contre la précarité énergétique, actions pour favoriser le stockage de CO2, promotion des mobilités post-carbone (66 bornes électriques déployées cette année dans la métropole).
L’enquête publique du Scot révisé se déroulera en janvier 2018, pour une approbation en mars 2018. Les acteurs et citoyens peuvent communiquer leurs contributions avant le 15/5 à l’adresse revisionscot@montpellier3m.fr










