Languedoc-Roussillon
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Midi-Pyrénées : l’opposition à Malvy veut une grande région avec l’Aquitaine et L.-R.

Lors d’un débat, ce matin, devant le conseil régional de Midi-Pyrénées, les élus de l’opposition au président PS Martin Malvy ont plaidé pour la création d’une grande région réunissant l’Aquitaine, Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon. Une idée que ne défend pas le président de Midi-Pyrénées, favorable au rapprochement avec le Languedoc-Roussillon.
Martin Malvy n’a pas fait voter, par son assemblée, une motion approuvant ou désapprouvant la réunion des deux régions, comme l'a fait la Région Languedoc-Roussillon. Les élus qui se sont exprimés critiquent le plus souvent la « méthode » employée par le gouvernement (la droite, une partie de la gauche), la finalité purement économique de la réforme (les écologistes), mais la majorité des élus ne remet pas en cause son utilité, ni le mariage avec le Languedoc-Roussillon. En revanche, les représentants des 21 élus de droite (sur 91) réclament la création d'une plus grande région, élargie à l’Aquitaine.
« Aller plus loin »
Gérard Tremege, élu du groupe Républicains et territoires (UMP/UDI/divers droite, 7 élus), veut « aller plus loin » que le périmètre fixé par le gouvernement le 18 juin, et réunissant les régions Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon. L’élu des Hautes-Pyrénées veut « créer une Occitanie de l’ouest avec une partie des départements de la région Aquitaine, ou toute l’Aquitaine ». Cette grande région « serait une des premières régions en taille et en population d’Europe », argumente-t-il, rappelant que les départements de Pyrénées-Atlantiques et des Landes « se demandent ouvertement s’ils n’ont pas intérêt à rejoindre Midi-Pyrénées ».
Même souhait exprimé par l'UMP Jacques Thouroude, président du groupe « Osons Midi-Pyrénées » (droite, 14 élus). Le Tarnais constate des « différences fondamentales entre l’économie de Midi-Pyrénées, qui se construit sur filières industrielles, et le Languedoc-Roussillon, plus fondé sur économie présentielle. Ces différences ne sont pas insurmontables. Il y a des complémentarités à trouver, mais elles n’iront pas de soi ». Tandis qu’ « avec l’Aquitaine, nous partageons deux pôles de compétitivité, des synergies et des filières au niveau mondial », ainsi que des « projets communs de développement des infrastructures de transports ». Une région « avec laquelle nous pourrions travailler à l’émergence d’un véritable hinterland ». Autres points communs selon lui : les coopérations engagées, comme « la marque Sud-Ouest », la langue occitane et « le partage de la quasi-totalité du massif pyrénéen ».
L’élu demande donc à Martin Malvy de « reprendre les discussions avec Alain Rousset (président de la région Aquitaine, NDLR) pour étudier sérieusement les opportunités de rapprochement avec cette région. Si vous voulez une région puissante de taille européenne, vous ne pouvez pas tourner le dos à l’Aquitaine ». Il ajoute qu’il faut néanmoins discuter avec le L.-R. dans l’optique d’une grande région Aquitaine-Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon.
Malvy contre une méga-région
En introduisant les débats, Martin Malvy a répondu, par avance, à cette vision d’une très grande région défendue par ses opposants. « Je souscrirai (à cette fusion) si l’Aquitaine le souhaitait, ce qui n’est pas le cas, en tout cas ce n’est pas ce que m’a dit son président ». Cette super-région s’étendrait, dit-il sur 132 000 km2 : « Ce n’est plus une fois et demi la petite Belgique, c’est la Grêce sans les îles ! » Cette méga-région « à laquelle on a tous pensés, quand on y réfléchit bien, c’est 20 % du territoire français. Et d’Arcachon à Nîmes, il y a 6 heures de route, c’est-à-dire la même distance que de Toulouse à Nantes. C’est comme si envisageait une région avec les Pays de Loire, ce qui n’a pas été le cas pour l’instant ».
Pour le président de Midi-Pyrénées, « la solution, c’était soi de nous laisser seul, ce qui ne m’aurait pas satisfait, soit de nous rapprocher avec l’Aquitaine, mais de laisser le Languedoc-Roussillon seul. Si on avait été rapprochés de l’Aquitaine, le Languedoc-Roussillon se serait retrouvé isolé entre deux régions de 6 millions d’habitants, la nôtre et Paca. Ç’aurait été le sacrifice du Languedoc-Roussillon. Je regrette que certains responsables en Languedoc-Roussillon ne se soient pas rendus compte de cela. »










