Métro : Toulouse s'arme avec TAE
C'est le plus gros chantier prévu en Occitanie d'ici à 2025. 20 stations, 27 km, 200.000 passagers/jour : le comité syndical de Tisséo-Collectivités, en charge des transports en commun de Toulouse Métropole, approuve le 5/7 le tracé de la future 3e ligne de métro de la capitale régionale. Baptisée Toulouse Aerospace Express (TAE), elle doit desservir d’est en ouest, à partir de 2024, une aire urbaine de 1,3 M d'habitants s’étirant de la gare de Colomiers à celle de Labège. Ce chantier représentera un investissement estimé à 2,33 Mds€, chiffre un peu supérieur à l'estimation de 2,128 Mds€ de fin 2016. Le lancement des travaux est prévu pour 2019-2020, après la phase d'enquête publique. Le tour de table financier - Région, Département, Europe, Etat devraient être sollicités - est déjà en cours, précise Tisséo à La Lettre M. « Plus grand projet d'infrastructure de transport urbain en France après celui du Grand Paris (25 Md€, NDLR) », selon Tisséo, TAE vise à armer la compétitivité et l'attractivité de la Ville rose. Cette ligne automatique doit en effet desservir les trois grands pôles économiques locaux. Au nord-ouest de Toulouse, la zone aéronautique (71.000 emplois), en centre-ville, le quartier Toulouse Euro Sud-Ouest (83.000 emplois) et la gare Matabiau, et au sud-est, Toulouse Aerospace et Labège Enova (63.000 emplois). TAE permettra ainsi de desservir presque la moitié des emplois de l’agglomération.
L’officialisation de ce tracé – après trois mois de débat public* - fait réagir. Karine Traval-Michelet, maire PS de Colomiers, se réjouit « que le projet retienne l'approche technique la plus pertinente » sur son territoire. De l’autre côté de la ligne, Jacques Oberti, président du Sicoval, communauté d’agglomération du sud-est toulousain est satisfait du tracé, permettant selon lui à Labège de « poursuivre son développement en tant que pôle d’activité et d’emplois majeur dans des filières d’innovation ». En revanche, le choix de ne pas desservir directement l’aéroport Toulouse-Blagnac (ATB), mais de créer une ligne Aéroport Express utilisant l’infrastructure du tramway Envol, fait bondir Anne-Marie Idrac, présidente du conseil de surveillance d’ATB, pour qui « l’absence de liaison directe avec la gare SNCF et les pôles économiques de Toulouse (est) préjudiciable à l’attractivité du territoire ». Mais pour Jean-Luc Moudenc, président de Toulouse Métropole, le surcoût d’une desserte directe était trop important. La solution Aéroport Express nécessite en effet un investissement de 45 M€, tandis que la desserte « représenterait un surcoût de 250 M€ (…), sans qu’aucune proposition de financement n’ait été formulée par ATB », explique l’élu LR. L'opération constitue par ailleurs le projet phare du volet “mobilité“ du projet de smart city porté par Toulouse Métropole : « TAE s'inscrit dans des objectifs d'innovation et de performance », commente Tisséo sur Twitter. La ligne A de métro a été inaugurée en 1993 et la ligne B en 2007. Aucun point d'interconnexion entre les trois lignes n'est prévu, mais TAE croisera la ligne B à deux reprises (stations François Verdier et La Vache) et la ligne A à hauteur de Marengo Matabiau, où l'arrivée de la LGV Bordeaux-Toulouse est aussi espérée en 2024.
* 3.000 participants aux réunions, 4.730 questionnaires remplis.










